Depuis le précédent week-end, Rodrigues vit un drame avec des dénonciations en série de cas de pédophilie sur des étudiantes de 14 ans fréquentant le collège Mont-Lubin. Le suspect n’est autre qu’un des membres du personnel de cet établissement scolaire. Au sein de ce collège et dans l’île en général, le déballage en public des premiers cas a suscité un véritable choc. D’autres sont à venir avec pour cible le même prédateur sexuel présumé. Christophe Edouard, âgé de 28 ans, père d’un enfant de dix mois, a été appréhendé par les limiers du CID de Port-Mathurin, lundi dernier. Depuis, il a été placé en détention policière sous une accusation provisoire de viol.
Avant la déposition initiale contre ce pédophile allégué, le vendredi 24 mai, par une des jeunes victimes, au poste de police de Grande-Montagne, des rumeurs persistantes concernaient les agissements de cet enseignant. Mais une première tentative de le dénoncer auprès de la direction de l’établisement scolaire échoua. Les principaux concernés avaient mis en doute les propos d’une des victimes tant les faits dénoncés paraissaient invraisemblables. Et aujourd’hui, ces faits se sont avérés vrais.
Finalement, ce vendredi 24, l’une des jeunes filles, accompagnée de sa mère, consigna une première déclaration formelle contre Christophe Edouard. Avec force détails graphiques, cette étudiante de 14 ans a fait le récit de son calvaire entre les mains de cet enseignant au cours de ce même mois de mai. Elle a affirmé que ses camarades de classe peuvent témoigner de cet incident.
En effet, selon la version de la jeune victime, son enseignant avait interrompu sa classe pour la pousser à l’arrière d’un buffet de la salle avant de l’agresser sexuellement. Des détails scabreux ont été enregistrés dans le dossier à charge. L’étudiante a passé trois jours à l’hôpital Queen Elizabeth de Crève-Coeur, en vue de subir un examen gynécologique complet. Elle a quitté l’hôpital mardi dernier.
En parallèle, la police s’était mise sur la piste du présumé pédophile pour des besoins d’interrogatoire. Dans un premier temps, il était introuvable avec ses proches craignant le pire pour lui. La possibilité d’un suicide était évoquée devant la gravité des accusations portées contre lui.
Finalement, Christophe Edouard, qui avait pris refuge chez ses beaux-parents à Mangues, fut interpellé lundi dernier. Il fut inculpé du délit provisoire de viol. Il a été entendu par les hommes du chef inspecteur Payen en présence de son homme de loi. Il a été maintenu en détention policière après avoir participé à une reconstitution des faits allégués dans l’enceinte du collège.
Avec ce nouveau développement au début de la semaine dernière, d’autres jeunes victimes ont pris leur courage à deux mains pour aller dénoncer l’enseignant indélicat. Mardi, deux jeunes étudiantes, habitant Pistache et Papaye, sont allées à la police après avoir partagé des confidences avec leurs mères. Après leurs dépositions, elles ont été admises à l’hôpital de Crève-Coeur depuis mardi dernier et à hier, elles étaient encore sous observation médicale et psychologique.
En fin de semaine, le nombre de victimes qui se sont signalées formellement à la police s’élève à six, dont trois autres habitant Mangues et La-Fouche-Corail. Au cours de la journée d’hier, des recoupements d’informations effectués par Week-End indiquent qu’une vingtaine d’autres victimes se préparent à venir déposer contre l’enseignant-pédophile, dont le Track Record en matière d’abus sexuels contre des enfants serait relativement lourd.
En effet, Christophe Edouard n’en serait pas à ses premiers coups. Initialement, il avait été affecté en tant qu’enseignant au collège de Le-Chou, mais avait été transféré au collège de Mont-Lubin, l’année dernière, suite à des allégations d’agression sexuelle contre une étudiante. Une précédente dénonciation par une étudiante de 14 ans au collège de Mont-Lubin ne fut pas entretenue par la direction du collège. Par la suite, elle fut forcée de se rétracter devant la pression exercée sur elle par ses camarades de classe.
Des parents d’élèves regrettent le fait que face à ces dénonciations, la direction du collège a tout simplement interdit l’enseignant de fonctions sans toutefois avertir les autorités, dont la Police et la Child Development Unit.
L’enquête policière se poursuit avec le présumé pédophile devant le tribunal de Port-Mathurin, demain, pour la reconduction de sa détention policière.