Les malheurs du comité régional de lutte sont loin d’être finis serait-on tenté de dire. Après une année 2013 parsemée d’embûches et de représailles venant de la part de la Fédération mauricienne de Lutte (FML), on pensait que ce comité régional allait pouvoir enfin respirer en 2014. C’était cependant mal connaître le président Richard Papie et ses membres, puisque les nouvelles élections du comité régional en date du 15 février dernier comme réclamées par la fédération
n’ont pas été reconnues ! A noter que Week-End a tenté en vain d’avoir une déclaration de Richard Papie sur cette affaire.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la FML n’a pas digéré le fait d’avoir été contrainte de faire marche arrière dans le cas de la lutteuse Joyce Milazar, injustement suspendue pour une durée de trois ans en novembre dernier. Cela après la grosse colère venant des institutions sportives dont le ministère de la Jeunesse et des Sports et la Commission de la Santé et des Sports. La sanction infligée au comité régional avait été également enlevée. Toutefois, la fédération avait demandé au comité régional – on ne sait pour quelle raison – de conduire de nouvelles élections, alors que les dirigeants rodriguais avaient pourtant déjà élu un nouveau comité fin 2012 !
Malgré cela, les dirigeants ont organisé de nouvelles élections le 15 février dernier avec participation de quatre clubs et une fois de plus, l’assemblée générale a fait confiance à Clairmène Albert. Comme le veut la règle, la fédération a été ensuite informée de la constitution du nouveau comité de Rodrigues. Dans un courriel signé Richard Papie toutefois, la fédération a considéré les élections du 15 février de « null and void » dans la mesure où elle estime que les quatre clubs qui ont participé à ces élections, notamment Maréchal, Baie-aux-Huîtres, Mont Lubin et La Ferme, ne sont pas des clubs affiliés. Par conséquent, la FML a demandé au comité régional de Rodrigues d’organiser de nouvelles élections. Adding insult to injury comme dirait l’anglais, Richard Papie écrit au c omité régional: « If you need advise feel free to revert back to us. »
Au niveau du comité régional, cette affaire est suivie de très près puisqu’on estime avoir agi dans les règles pour ce qui est des élections de fin 2012, aussi bien que celles du 15 février dernier. Il nous revient même que le comité régional a fait parvenir, il y a plus d’une semaine, les numéros de certificat d’enregistrement des clubs auprès du Registrar of Association, à la fédération.
Mais ce qui est révoltant dans toute cette affaire, c’est que le comité régional a payé son affiliation en 2013 et a même pris part à l’assemblée générale élective qui a mené à la constitution du nouveau bureau de la fédération, l’année dernière toujours. Alors pourquoi cette même fédération ne reconnaît-elle plus le comité régional de Rodrigues ?
Le comité régional persécuté
Les interrogations fusent d’autant, explique-t-on, qu’il n’y a aucune contestation à Rodrigues par rapport aux élections du 15 février dernier. La question qui revient aussi,c’est de savoir pourquoi cette fédération s’acharne-t-ellle autant que cela sur ce comité régional. Et les exemples ne manquent pas sur ce dossier. Le rôle d’une fédération n’est-il pas  d’aider ses comités régionaux à promouvoir davantage la discipline ? Il semblerait qu’en lutte, les choses se font différemment, voire à l’envers.
Ce qui est encore plus étrange, c’est que les malheurs du comité régional de Rodrigues ont commencé quelque temps seulement après la correspondance adressée par Clairmène Albert à la FML. Une corrrespondance en date du 9 janvier 2013 dans laquelle elle se demandait pourquoi en tant que vice-présidente de la fédération d’alors, elle n’était pas invitée aux réunions du comité directeur. Elle voulait entre autres également savoir comment les fonds public alloués à la fédération étaient gérés. Clairmène Albert avait visiblement touché un point très sensible, alors qu’elle cherchait, en toute légitimité, a avoir des réponses à ses questions. Elles ne les auront pas.
A la place, c’est une première tête qui tombe, quelques jours seulement après l’envoi de la lettre du 9 janvier. Alec Albert, qui occupait jusque là le poste d’entraîneur national, est remplacé par Antonio Deux Novembre. Malgré un parcours plus que positif à la tête de la sélection nationale, Alec Albert, est « destitué » sans même être informé. C’est à  travers la presse qu’il apprend la nouvelle. S’ensuit ensuite la suspension de la lutteuse Joyce Milazar pour une période de trois ans, alors que cette même lutteuse avait permis à la République de Maurice de décrocher sa première médaille de bronze aux Jeux de la Francophonie de septembre dernier, à Nice en France. Face au mécontentement du MJS et des actions légales envisagées par la Commission de la Santé et des Sports, cette sanction, aussi bien que celle du comité régional, devait finalement être enlevée.
La FML: une fédération fantôme !
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation auquelle fait face le comité régional de lutte depuis plus d’une année est des plus révoltante et ne fait guère honneur au sport. Pourtant, ce comité a jusqu’ici oeuvré dans la légalité en organisant les élections du 15 février avec des clubs dûment enregistrés et non fictifs, afirment-on. Sans oublier que ce même comité régional est très actif au niveau de l’organisation des compétitions dans l’île et performantes également pour ce qui est des résultats tant au niveau régional que continental.
Ce qui n’est malheureusement pas le cas au niveau de la FML, une fédération que nous n’hésiterons pas à qualifier de fantôme et ce, à tous les niveaux. Pour preuve, son calendrier n’a pas été rendu officiel, du moins pas à la rédaction sportive de Week-End. A notre connaissance, aucune compétition n’a été organisée de janvier à ce jour alors que nous avons déjà abordé le cinquième mois de 2014.
Et puisque Richard Papie se permet de contester la légitimité du comité régional de Rodrigues, on doit alors s’intéresser sur les conditions dans lesquelles les élections de la fédération ont été faites l’année dernière, à l’hôtel Belles des Iles, à Quatre Bornes, appartenant à un de ses proches. Avec un comité directeur fantôme et qui n’est même pas en mesure de respecter ses engagements envers ses licenciés, on se demande alors pour combien de temps encore le ministère de la Jeunesse et des Sports compte-t-il cautionner cette fédération.