Après plusieurs mois d’enquête au sujet de l’octroi par l’Assemblée régionale de Rodrigues en 2007, à l’époque où le Mouvement Rodriguais était au pouvoir, de deux contrats de gardiennage, l’Independent Commission against Corruption (ICAC) a fait une véritable razzia hier dans l’île. Neuf arrestations, tous des hauts fonctionnaires de l’administration, dont deux Mauriciens, étaient au programme de travail de l’escouade de l’ICAC et huit d’entre eux ont déjà été inculpés et remis en liberté provisoire alors que le neuvième, en mission officielle à Maurice, devait l’être dès son retour dans l’île.
Avec cette opération de l’ICAC, l’Executive Council de Rodrigues devra procéder dès aujourd’hui à une série de mutations au niveau des différentes commissions, compte tenu des responsabilités assumées par ces fonctionnaires compromis par cette enquête de l’ICAC. Parmi eux se trouvent un ancien Island Chief Executive sous l’administration du MR et aujourd’hui Head of Department dans une des commissions de l’Assemblée régionale, Joseph Ah-Leong Chang Siow, le Head of Department à la Commission des Arts et de la Culture, le Mauricien Jean-Jacques Rousseau, le Head of Department de la Commission de l’Éducation, Christelle GrandCourt, dont l’époux avait déjà assumé les fonctions de commissaire à l’Infrastructure.
Les autres suspects interpellés lors de l’opération de l’ICAC d’hier – soit Nathalie Roussety, Jean-Daniel Roussety, Rolanda Castelle et Marylaine Spévillle – occupent des fonctions en tant que Finance Officer et Stores Officer au sein de l’administration de l’Assemblée régionale de Rodrigues. Huit des neuf fonctionnaires interpellés ont été inculpés sous la section 7 de la Prevention of Corruption Act, notamment une accusation de « public official using his office for gratification ». Chacun d’eux a eu à fournir une caution de Rs 15 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 50 000 pour retrouver la liberté provisoire après leur comparution devant la magistrate Boghun.
Cette affaire remonte à 2007 lorsqu’une société gérée par un dénommé Giovanni Etienne, proche du Mouvement Rodriguais, s’était vu octroyer deux contrats de gardiennage alors que les procédures d’appels d’offres n’auraient pas été scrupuleusement suivies à la lettre. Dans cette affaire, la principale contention de l’ICAC demeure que les “Bids” soumises étaient “Non-Responsive” et auraient dû être éliminées car la société ne détiendrait pas les permis nécessaires pour les opérations relatives. L’enquête de l’ICAC se poursuit.