Le président de l’International Fund for Agricultural Development, le Dr Kanayo Felix Nwanze est actuellement en visite officielle à Rodrigues. Lors d’une rencontre avec le chef commissaire Serge Clair hier, il a pris connaissance des besoins de Rodrigues pour la modernisation des secteurs de l’agriculture et de la pêche qui, dit-il, ont des potentiels énormes. Les autorités rodriguaises ont également exprimé le souhait de pouvoir bénéficier de l’aide de l’IFAD sans passer par le ministère des Finances, à Maurice, pour des questions pratiques.
L’agriculture est le secteur le plus porteur d’emploi à Rodrigues. Selon les derniers chiffres de Statistics Mauritius, 34 % des Rodriguais gagnent leur vie à travers une activité liée à ce domaine. Suivent, dans l’ordre, l’administration régionale, le secteur du bâtiment et le tourisme. Fort de ce constat, les autorités rodriguaises comptent miser davantage sur l’agriculture et la pêche. Toutefois, pour être plus compétitifs, ceux-ci doivent se moderniser.
La visite du Dr Nwanze a ainsi été l’occasion pour le gouvernement régional de présenter son plan de développement de trois ans, élaboré en collaboration avec le ministère des Finances. Celui-ci comprend, entre autres, le renforcement du label rodriguais pour certains produits comme le miel, le limon, le haricot rouge et certains produits de l’élevage. Maurice demeure le premier marché d’exportation pour ces produits.
La stratégie de modernisation mise également sur les produits à valeur ajoutée. Pour cela, Rodrigues doit se doter d’infrastructures sanitaires nécessaires afin de répondre aux normes pour l’exportation, ainsi que d’unités de transformation. Toutefois, un grand défi se présente : la réhabilitation des terres. Il a été noté que ces dernières années, la surface cultivée à Rodrigues a diminué considérablement. Il faut maintenant réhabiliter les terres pour renforcer l’agriculture.
L’autre secteur d’intérêt est celui de la pêche. Grâce aux bateaux permettant de pratiquer la pêche en haute mer, Rodrigues compte depuis peu une petite industrie dans ce domaine. Tout en voulant améliorer la productivité et développer les capacités d’exportation, l’île souhaite également améliorer son service de protection et de gestion des ressources marines. Elle a ainsi fait état de la fermeture de la pêche à l’ourite avec le Dr Nwanze.
Le président de l’IFAD a ainsi eu l’occasion de visiter la maison des pêcheurs, siège de la fédération des cinq coopératives des pêcheurs dans l’île. Il a même prodigué quelques conseils aux pêcheurs pour préserver la qualité des poissons lors du transfert vers Maurice.
De même, il a émis l’idée de transformer les cales de bateaux en chambre froide, ce qui permettrait de doubler la capacité de stockage, car les sacs de glaçons utilisés actuellement ne seraient plus nécessaires.
Le Dr Nwanze a exprimé sa satisfaction de voir comment l’IFAD a pu aider ce secteur à prendre de l’essor et permettre aux familles d’améliorer leur qualité de vie. Il a une nouvelle fois exprimé son soutien envers Maurice et Rodrigues. Il a laissé entendre que la pêche et l’agriculture ont des potentiels énormes et qu’il ne faut pas les négliger.
Pour sa part, le chef commissaire Serge Clair a fait ressortir la nécessité de mettre en place les structures nécessaires pour une industrie de pêche solide. Il a parlé du projet de Port de pêche à Baie-aux-Huîtres qui sera réalisé bientôt. De même, il a évoqué le projet de sea food hub car, selon lui, la zone maritime rodriguaise est grande et il faut l’exploiter de manière durable.
Le chef commissaire a par ailleurs invité les Rodriguais à « dibout lor zot de lipye », afin de démontrer qu’« ils ne sont pas des assistés ».
Les autorités rodriguaises ont profité de cette visite pour émettre le souhait de bénéficier du soutien de l’IFAD, sans avoir à passer par le ministère des Finances à Maurice, cela afin d’alléger les procédures administratives.