Les cinq membres élus au sein de l’Assemblée régionale et dissidents du Mouvement Rodriguais (MR) de Nicolas Von Mally ont lancé leur parti politique dimanche à Port-Sud-Est. L’Union du peuple de Rodrigues (UPR) a vu le jour avec pour devise : « Diversité et égalité dans l’unité ». Cette plateforme politique a pour leader Franceau Grandcourt, le nouveau Minority Leader à l’Assemblée régionale de Rodrigues. La présence de plusieurs membres du PMSD Rodrigues, et celle d’autres ex-partisans qui ont déserté le « Tibato » de Nicolas Von Mally n’est pas passée inaperçue.

Pour les membres du parti, cet événement marque une nouvelle manière de faire de la politique à Rodrigues, ainsi que dans les prises de décisions. « Une nouvelle naissance et mieux vaut tard que jamais », fait-on comprendre. Franceau Grandcourt a retracé le cheminement jusqu’à l’avènement de l’UPR après avoir lutté au sein du MR pendant 20 ans.

« Je n’ai ni haine ni rancune envers Nicolas Von Mally, mais je dois dire ce qui s’est passé. Étant ministre de la Pêche à Maurice, Rodrigues n’a jamais rien obtenu pour le développement de ce secteur. Mem pa enn lakaz pwason alor ki dan Moris tou peser ti gagn lakaz pwason. Et quand l’OPR de Serge Clair prend le pouvoir régional, il a démissionné comme ministre de Rodrigues. C’était au contraire l’occasion de montrer que les Rodriguais peuvent travailler ensemble. Mais non, Nicolas Von Mally dit qu’il ne travaillera pas avec Serge Clair et vice-versa. Lors du licenciement des 243 travailleurs par l’Assemblée régionale alors qu’il était ministre, il ne s’est pas levé pour proposer la réintégration de ces travailleurs alors qu’il siégeait au cabinet des ministres. Vous vous rendez compte que l’autonomie a créé la division entre les Rodriguais ? se demande Franceau Grandcourt.

Le nouveau Minority Leader s’est donné pour mission de rétablir les faits dans l’île et de remettre les pendules à l’heure. « L’UPR va corriger cette vilaine mentalité prônée par les partis politiques traditionnels. Ce n’est pas possible de continuer de cette manière car nous avons un devoir envers les prochaines générations. Nous avions dû avaler pas mal de couleuvres mais “enough is enough”. Aujourd’hui, nous acceptons et nous respectons tout un chacun car tout le monde mérite le respect et chacun a son mot à dire et personne ne détient la science infuse», a-t-il soutenu.

Franceau Grandcourt a dénoncé le fait que certains obtiennent des avantages au détriment des autres. « Nous sommes tous égaux et nous méritons tous la même chose. Il n’y aura pas de politique de deux poids, deux mesures. J’ai même demandé une réunion officielle avec le chef commissaire. Car nous avons des choses à discuter concernant les problèmes auxquels Rodrigues fait face. S’il accepte c’est bon. Au cas contraire tant pis, j’aurai quand même essayé », a-t-il déclaré.

Le leader de l’UPR a annoncé que la question concernant l’élection pour le leadership chaque dix au sein du parti a fait l’objet de discussions. « Si bizin sanze bizin sanze, pa vedir ki enn sel dimounn bizin rest lider ziska li mor », a-t-il dit. Il demande à la population de faire confiance à l’UPR et l’exhorte à travailler dans l’unité et de ne pas faire le jeu de la division.

Pour sa part, Nicolas Volbert a longuement parlé des problèmes qui perdurent à Rodrigues. Il a fait état du secteur de la santé, surtout avec la menace du coronavirus, de l’eau, de l’emploi, des infrastructures. Il a déploré le fait que la connexion d’Internet à haut débit n’est pas encore une réalité alors que cela a été annoncé depuis plus d’un an.