Un véritable Tug-of-War couve sous les cendres en marge de l’enquête sur le meurtre de Barthélemy Azie, âgé de 17 ans, commis il y a quatorze ans à Montagne-Malgache, Rodrigues. Les Police Headquarters des Casernes centrales voudraient prendre connaissance de la teneur de la déposition d’une quinzaine de pages consignée par Simon Azie, le père de la victime et réclamant une enquête sur les raisons pour lesquelles ce crime est resté non-élucidé et impuni au cours de ces quatorze dernières années. Pour sa part, le Chief Investigating Officer, l’inspecteur Rajesh Moorghen, veut garder jalousement ce dossier et n’a pas accédé à une demande du Chief officer of Police (CoP) de Rodrigues, le surintendant Nazeer, pour une copie de cette déposition.
Les informations disponibles indiquent que le CoP avait convoqué en fin de semaine l’inspecteur Moorghen pour lui communiquer des directives venant des Casernes centrales à Port-Louis en vue d’avoir accès à une copie de la déposition de Simon Azie mettant en cause l’actuel commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, et un ancien commissaire de police, Ramanooj Gopalsing, dans le déroulement de cette enquête. La réponse a été un non catégorique de la part de l’enquêteur principal compte tenu de la teneur de la déposition contre des hauts gradés. L’arbitrage du Chief of Police à Rodrigues n’a pas donné des résultats escomptés avec l’inspecteur Moorghen campant sur sa position.
Du côté des Police Headquarters, et en particulier dans l’entourage de l’actuel commissaire de police, l’on conteste fermement les accusations de Neglect of Duty. « Les Records à la police prouvent que cette enquête n’a jamais été classée au cours de ces 14 dernières années même si aucun développement n’est intervenu. À chaque fois qu’un nouvel élément a surgi, les procédures ont été suivies. Tel a été le cas en octobre dernier quand dès réception de la lettre anonyme de dénonciations, elle avait été transmise à la police à Rodrigues pour enquête. C’est ce qui a débouché sur des arrestations à la fin de l’année dernière », fait-on comprendre.
Des sources bien informées craignent « une déviation de cette enquête policière avec à ce jour treize suspects encore en détention et des risques de règlements de compte au sein de la police au profit de tierces parties tirant les ficelles ».  Elles ajoutent que les responsables de la police comptent s’assurer que « cette enquête se poursuive selon les procédures établies et en toute justice » sans apporter plus de détails au sujet du dénouement de ce bras de fer.
Du côté de l’entourage de l’inspecteur Moorghen, qui a été transféré de manière punitive à Rodrigues, on fait état de la détermination de celui-ci à aller jusqu’au bout de cette enquête que ce soit par rapport aux meurtriers présumés mais également le réseau de complicité bloquant tout développement dans l’enquête jusqu’à la fin de l’année dernière. Il compte écrire aux plus hautes instances du pays pour expliquer son plan d’action et des mesures à prendre.
Affaire à suivre…