Le feuilleton de l’enquête sur le meurtre de Barthélemy Azie, âgé de 17 ans, commis le 1er août 1999 à Rodrigues, aborde une nouvelle phase. Ainsi, après l’inculpation provisoire du constable Christian Casimir (29 ans), le Chief Investigating Officer dans cette enquête, l’inspecteur Rajesh Moorghen, se retrouve dans une posture des plus compromettantes. Des indications en provenance de Port-Mathurin confirment que cet officier de police, pris au centre d’une controverse avec ses supérieurs hiérarchiques, sera interrogé Under Warning d’un moment à l’autre avec les Prima Facie Evidence susceptible de déboucher sur une inculpation provisoire. A ce matin, aucune information officielle n’était disponible quant au Timing de la convocation de l’inspecteur Moorghen par l’inspecteur Ravind Ajodha, détaché spécialement du Central CID. Ce volet de l’enquête est placé sous la supervision du Divisional Commander, l’assistant commissaire de police Heman Jangi.
Le fait du jour, outre la comparution du constable Christian Casimir devant le tribunal de Port-Mathurin pour le délit de Forgery, demeure que le sergent Grazile Félicité, le bras droit de l’inspecteur Moorghen dans l’enquête sur le meurtre d’Azie, est placé en état d’arrestation à des fins d’interrogatoire. Cet officier de police devait être convoqué par l’escouade de la CID de Port-Mathurin en fin de matinée.
Les recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes indiquent que le sergent Félicité devait être entendu au sujet d’une déposition consignée par un des suspects alors en détention policière. Ce dernier faisait état de la décision de ne parler qu’en présence de l’inspecteur Moorghen et de nul autre officier de police.
Or, confronté subséquemment à la teneur de cette déposition, le suspect en question aurait nié une telle démarche en affirmant que le sergent Félicité était venu le voir dans sa cellule avec des instructions précises. Il allègue que l’officier de police avait déjà littéralement écrit cette déclaration qu’il récuse de manière catégorique.
Le sergent Félicité devra être confronté sur son emploi du temps le jour du récent départ de l’inspecteur Moorghen à Maurice et les dernières instructions de celui-ci en ce qui concerne les étapes de l’enquête sur le meurtre de Barthélemy Azie. Il sera confronté aux allégations selon lesquelles il a entrepris d’enregistrer la déclaration de ce suspect à la demande de son supérieur dans le but de pervertir le cours de l’enquête.
De son côté, le constable Casimir, qui a été entendu durant toute la journée d’hier, a confirmé que la déposition de 14 pages de Simon Azie, le père de la victime, a été faite selon les instructions de l’inspecteur Moorghen. Il a ajouté que celui-ci était présent au poste de police et avait participé activement à la déposition avec des extraits accusant de hauts gradés de la police de laxisme et de connivence dans cette affaire qui n’a été élucidée que 14 ans après.
Le constable Casimir, qui a passé la nuit en cellule policière, attendait en début d’après-midi de comparaître devant le tribunal de Port-Mathurin pour son inculpation provisoire. Le suspense était de mise quant à une éventuelle objection à la caution de la part des enquêteurs de la police vu que l’enquête est toujours en cours.
Tout semble indiquer que deux autres officiers de police, engagés dans cette enquête sur le meurtre de Barthélemy Azie, devaient être entendus par l’inspecteur Ajodha et ses hommes avant que l’inspecteur Moorghen ne soit assigné pour audition formelle. L’objectif : franchir cette étape d’ici la fin de la semaine même si des sources bien informées avancent que la convocation ne devra intervenir qu’au début de la semaine prochaine.
A la mi-journée, un des treize suspects, inculpés provisoirement pour le meurtre du 1er août 1999 commis à Montagne-Malgache, Clanico Edouard, a bénéficié d’une remise en liberté provisoire. Il a eu à fournir une caution de Rs 25 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 500 000. Il doit également se présenter au poste de police de Grande-Montagne trois fois la semaine.
Lundi dernier, un autre meurtrier présumé, Charles Jolicoeur, a retrouvé la liberté sous les mêmes conditions alors que précédemment Jean-Michel Jolicoeur avait bénéficié d’un non-lieu.