Dans le cadre d’une mission de PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida) en tant que nouveau PR du Global Fund à Rodrigues, son directeur Nicolas Ritter a déclaré qu’« environ un millier de Rodriguais, des anciens toxicomanes, bénéficient actuellement du traitement de substitution à base de la méthadone ». Cependant, a aussi expliqué le directeur de l’organisation non gouvernementale, « comme Rodrigues n’a pas encore de point de distribution de méthadone, ces personnes ne peuvent pas rentrer se soigner chez eux. Ils doivent rester à Maurice pour ne pas faire obstacle à leur traitement ».
Accompagné par Nadia Peerun et Loveena Dookhony, respectivement Programme Manager de PILS et Monitoring and Evaluation Officer pour le Global Fund au sein de l’organisation non gouvernementale (ONG), Nicolas Ritter était en visite du lundi 19 au jeudi 22 mars. « Une semaine d’activités a été organisée. Parmi figurait une première prise de contact officielle de PILS en tant que nouveau PR du Global Fund depuis janvier avec ses partenaires de Rodrigues », explique Nadia Peerun. La délégation a bénéficié durant son séjour du soutien du Rodrigues AIDS Secretariat (RAS), dont le responsable est Aristil Émilien.
« Le traitement à base de méthadone constitue une dose quotidienne de ce médicament qui doit être ingéré », explique Nicolas Ritter. Et d’ajouter : « Comme il n’y a pas à l’heure actuelle de point de dispensation du médicament à Rodrigues, les patients qui y vivent ne peuvent venir se faire soigner chez eux. » Le directeur de PILS a aussi laissé comprendre que « parmi le millier de Rodriguais qui sont sur méthadone, il y en a qui ont contracté le virus du sida ».
Nadia Peerun indique par ailleurs qu’« une nouvelle ONG, Avec Ou, a vu le jour à Rodrigues. C’est la première structure d’accompagnement des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH). PILS est le parrain de ce groupe ». Le lancement a eu lieu en présence d’Ismaël Valymamode, commissaire à la Santé, et de Mariola Kathic, secrétaire d’Avec Ou, à l’hôpital de Crève Coeur, le jeudi 22.
Étaient aussi au programme de cette semaine de travail, des rencontres avec le commissaire de la santé et de nombreux autres partenaires dans la lutte contre le virus, dont l’association Lutte et Espoirs, l’Action Familiale et le Rodrigues Family Planning. « Toutes les ONG et associations concernées par la lutte contre le sida à Rodrigues y ont participé », résume Nadia Peerun.
Parallèlement, PILS a été à la rencontre de « ceux qui nous ont fait part de leurs projets, en tant que PR du Global Fund, et nous en avons discuté avec eux ».
À ce titre, l’organisation souhaite « avoir une interactivité régulière avec nos partenaires de Rodrigues. De ce fait, nous aurons des rencontres chaque trois mois, en vue d’un suivi continu ». Notre interlocutrice ajoute : « Notre but est de fournir autant d’informations que possible sur le virus, les traitements, la prise en charge et les effets des médicaments sur les patients, par exemple », précise la Programme Manager.
Dans le cadre de leur visite à Rodrigues, les membres de PILS ont aussi « évoqué l’organisation du AIDS Candlelight Memorial, qui sera observé en mai. Mais rien de définitif n’a été décidé à ce stade », souligne Nadia Peerun. « Nous avons aussi profité pour faire un relevé des 11 distributeurs de préservatifs qu’il y a dans l’île et veillé à ce que les machines soient réapprovisionnées. »
Lors de ses différents déplacements, PILS a circulé nombre de livrets, dépliants, affiches et autres supports pour informer les Rodriguais sur le VIH/Sida.
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5 271 Mauriciens sur méthadone
Selon les chiffres officiels des services de la santé, 5 271 Mauriciens (4 990 hommes et 281 femmes) bénéficient actuellement du traitement de substitution à la méthadone. Le traitement à base de la méthadone est une mesure de réduction des risques de la propagation du sida, au même titre que le programme d’échange de seringues (NEP).
Le programme de traitement à base de la méthadone a été introduit à Maurice en novembre 2006 pour les hommes dans un premier temps. Puis, un programme similaire destiné aux femmes a été lancé en mars 2009. Le NEP a, quant à lui, démarré en 2010.