Pour la deuxième année consécutive, Rodrigues procède à la fermeture de la pêche de l’ourite. Cette pratique, qui a pour but de permettre la croissance des jeunes poulpes, avait provoqué la grogne des pêcheurs l’an dernier. Mais cela n’a pas freiné les autorités. Le commissaire de la Pêche, Richard Payendee, estime d’ailleurs que l’expérience de 2012 a eu des « retombées positives ».
Du 5 août au 7 octobre, la pêche de l’ourite sera interdite à Rodrigues. C’est ce qu’a affirmé hier le commissaire de la Pêche Richard Payendee. Le gouvernement régional a donc décidé de renouveler l’expérience de 2012. « La fermeture de la pêche de l’ourite a d’abord été un succès écologique, qui fait la fierté de Rodrigues. Les pêcheurs n’en sont pas sortis perdants, puisque cela a permis d’enregistrer des prises plus importantes à la réouverture », a déclaré Richard Payendee. Ce dernier a aussi laissé entendre que des dispositions ont été prises pour assurer un bon stockage et une bonne commercialisation des ourites, à la réouverture de la pêche en octobre. Car avec une prise élevée, les pêcheurs sont souvent contraints de baisser leurs prix.  La Rodrigues Trading and Marketing Company sera ainsi mise à contribution pour gérer la commercialisation de ces poulpes.
Par ailleurs, comme l’année dernière aussi, les pêcheurs auront droit à un emploi alternatif pendant la fermeture. Au total, 1 400 personnes auront ainsi un emploi dans le domaine de l’embellissement et de l’utilité publique, avec une allocation de Rs 250 par jour.
Richard Payendee estime que la nécessité de la fermeture de la pêche de l’ourite est maintenant comprise par la population. Quant aux protestations de l’an dernier, il les impute « à la politique ».
Les deux mois de fermeture correspondent à la période de ponte des poulpes. Les femelles migrent en effet en haute mer, où les petits grandissent rapidement, atteignant jusqu’à 10 kilos.
Selon des études menées par Shoals Rodrigues et le SEMPA en 2008, la population de poulpes était en baisse à Rodrigues. On estimait alors que les prises avaient baissé, passant de 800 tonnes à 200 tonnes d’ourites seulement par an. Raison invoquée : les poulpes sont pêchés avant d’atteindre leur maturité, empêchant ainsi la reproduction. Aussi, sans des mesures urgentes, Rodrigues aurait perdu 80% de ses espèces d’ourites d’ici… 2015.
À la réouverture de la pêche de l’ourite l’année dernière, des prises importantes – allant jusqu’à 24 livres – avaient été enregistrées.