La judokate Christianne Legentil, 7e aux derniers Jeux olympiques de Londres, en Angleterre, chez les moins de 52 kg, est rentrée à Rodrigues, il y a un peu plus d’une semaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a été accueillie avec tous les honneurs à l’aéroport Sir Gaëtan Duval, à Plaine Corail. Hormis les membres de sa famille, dont sa mère, sa soeur et sa grand-mère, le Commissaire des Sports, Ismaël Vallimamode, était également présent, tout comme les entraîneurs Jean-Paul Azie et Antonio Félicité entre autres. Tout émue, Christianne Legentil s’est dit très contente et fière de retrouver son île natale et ce, après avoir passé une année et demie à l’étranger, notamment à Strasbourg en France.
A peine débarquée pour quelques jours de vacances bien mérités que Christiane Legentil pense déjà à ses priorités pour 2013. Selon elle, l’objectif sera de briller d’abord aux Championnats du monde prévus en septembre prochain au Brésil, avant d’en faire de même aux Jeux de la Francophonie qui se dérouleront du 7 au 15 septembre prochain, à Nice en France. Elle a déclaré ne pas avoir de préférence pour une quelconque compétition et a ajouté qu’elle « abordera les deux compétitions avec le même sérieux et la même détermination. J’ai tout le temps eu confiance dans mon potentiel et il s’agira maintenant de travailler très dure pour réussir. »
Faisant preuve de beaucoup de modestie, Christiane Legentil a expliqué qu’une compétition n’est ni gagnée, ni perdue d’avance. L’important, a-t-elle fait remarquer, c’est d’y croire. « Il faut toujours donner le meilleur de soi. A l’entraînement, il faut rester concentrée et garder les yeux rivés sur nos objectifs. Je voudrais en passant remercier tous les amis avec lesquelles je me suis entraînée pendant toutes ces années. Sans eux, je ne serai pas là aujourd’hui. Je les remercie infiniment et je leur demanderai de toujours faire leur maximum, afin d’être là où je suis », a-t-elle fait ressortir .
D’autre part, Christiane Legentil a souligné que son stage en France s’est déroulé dans de bonnes conditions. « L’ambiance au Pole France de Strasbourg était super. J’étais bien hébergée et les conditions d’entraînements étaient très bonnes », a-t-elle déclaré à Week-End. Elle a ajouté que les entraînements étaient durs avec deux séances quotidiennes, alors que les dimanches, elle fait un peu de musculation. « Pendant mon temps libre, je préfère me reposer et écouter de la musique. Il m’arrive aussi parfois de me promener un peu question de me changer les idées. »
Toutefois, a-t-elle ajouté, demeurer loin de son île et de sa famille surtout, pendant un si long moment est très dur. « J’évite de penser à ma famille, à mes amis et à Rodrigues. Quand on pratique le sport de haut niveau, on est obligé d’y faire abstraction. Au cas contraire, cela vous fait très mal. Il n’empêche que je garde contact avec mon île, ma famille, mes amies et mes entraîneurs (Ndlr:Jean-Paul Azie et Antonio Félicité) », a-t-elle fait ressortir. Lors de son séjour en France, Chrsitiane Legentil dit avoir acquis beaucoup d’expérience, même si des fois, elle a dû rester loin des tatamis en raison de blessures.
Après la France, il est prévu que la judokate se rende en Angleterre, afin de poursuivre sa préparation de haut niveau. Toutefois, a-t-elle précisé, son départ pour  l’Angleterre n’a pas encore été finalisé. « Au fait, je suis toujours dans l’attente. On m’a parlé de l’Angleterre, tout en me disant que cela pourrait aussi être un autre pays. Donc, j’attends. » Pour celle qui est passée très près d’une médaille de bronze olympique, à Londres, l’apprentissage se poursuit toujours avec la même motivation. « Je suis encore jeune et j’ai eu l’occasion de beaucoup voyager et de découvrir beaucoup de pays, donc de nouvelles cultures. J’ai appris beaucoup de choses, notamment sur le plan sportif. Je me suis beaucoup sacrifiée et je continue à le faire pour ma famille, mes amis et l’île Rodrigues entière. »  
Par ailleurs, c’est à l’âge de 11 ans que Christiane Legentil a commencé à faire du judo dans la région de Mangues. Après trois mois de judo, elle a intégré le club de Malabar avant de rejoindre ensuite, à l’âge de 13 ans, le centre d’entraînement. « Il n’y a pas de miracle qu’on on veut réussir dans la vie. Il faut avoir la passion, l’amour et l’envie. Il faut également qu’on ait confiance en soi.  » Dans un message aux plus jeunes, Christiane Legentil a déclaré que sans le travail, on ne peut aller très loin. Il faut, selon elle, également avoir de la patience et savoir se sacrifier. « Dans un sport de combat, il faut aussi savoir se priver, afin de rester dans son poids. Il faut avoir une bonne hygiène de vie. Et puis, il y a la séparation avec la famille. C’est une chose qui est très dure. Mais si on veut réussir, on doit pouvoir surmonter tout cela. »
Pour conclure, Christiane Legentil a tenu à remercier tous ceux qui l’ont aidée à atteindre aujourd’hui le haut niveau. Il a une pensée très spéciale pour sa famille, ses entraîneurs Antonio Félicité, Jean-Paul Azie, Eddy André, la Commission des Sports, le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Trust Fund for Excellence in Sports, la Fédération mauricienne de Judo et des Disciplines Assimilées et son partenaire de judo, Jérémie St Pierre.