Le directeur de l’Audit souligne que le Chef commissaire n’a pas encore soumis son rapport financier pour l’année 2014 au ministre de tutelle alors que la loi prévoit qu’il le fasse au plus tard trois mois suivant la fin de l’année financière. L’Assemblée régionale de Rodrigues (ARR) répond : « The report is under preparation and it is expected to be completed by the end of July 2015. »
Le directeur de l’Audit note une baisse de 23 % des revenus issus de la location des terres par l’ARR. Ce chiffre est passé de Rs 13 630 026 en 2013 à Rs 10 374 939 en 2014. L’ARR indique qu’une « legal notice » a été envoyée à ceux concernés par des arrérages de plus de Rs 100 000.
Les dépenses totales pour 2014 excluent un montant de Rs 27 761 500 pour lequel provision n’a pas été faite et qui a été payé. De plus, le directeur de l’Audit relève que Rs 92 millions ont été payées par le bureau de l’Accountant General aux employés de l’ARR sous formes de pension, « gratuity » et « passage benefits ». Un examen des bordereaux de paiements des différentes commissions datant de décembre 2014 révèle que celui qui autorise le paiement n’est pas toujours cité et que les salaires ne sont pas toujours approuvés par les agents comptables. Cela présente le risque que des paiements aient été effectués sans autorisation et que des malversations passent inaperçues. À cela l’ARR répond : « A circular has been issued to all Accounting Officers for them to approve monthly payrolls. »
L’Assemblée régionale indique qu’une requête avait été faite pour la révision des Rodrigues Water Rates Regulations de 1928 auprès de son conseiller légal mais qu’en raison de l’irrégularité de l’alimentation de l’eau potable dans l’île la décision de ne pas aller de l’avant avait été prise.
Le directeur de l’Audit fait état d’arrérages de l’ordre de Rs 2 245 404. Il a été informé que la récupération de cet argent est un travail de longue haleine, qui demande un gros travail administratif. Il constate que « the same rate of Rs 22 per year is being applied for years ». Or, dit-il, il y a eu de gros investissements dans le secteur et par conséquent, les Rodrigues Water Rates Regulations de 1928 ne sont plus appropriées et doivent être revues.
Unité de dessalement d’eau : une urgence
Eu égard aux problèmes d’eau potable à Rodrigues, le bureau de l’Audit recommande que les quatre unités de dessalement d’eau soient construites au plus vite. Un contrat de Rs 156 millions avait été alloué en 2013 pour ce projet mais devant la mauvaise performance du contracteur, il a été résilié en février 2015.
Le directeur de l’Audit déplore la lenteur dans l’exécution des projets concernant la sécurité alimentaire pour Rodrigues. Alors que 21 projets pour un montant total de Rs 187 millions avaient été approuvés pour la période 2008-2011, et 18 pour un montant de Rs 171 millions pour la période 2013-2015, seuls quatre pour un montant de Rs 69 millions, dans le premier cas et un, pour un montant de Rs 629 600, ont été exécutés.
En décembre 2014, un montant de Rs 8 millions avait été approuvé et versé au Food Security Fund du ministère de l’Agro-industrie à l’intention de l’Assemblée régionale. Le soutien de la Food Agricultural Organisation (FAO) avait été sollicité et un rapport intitulé « Strengthening the capacities of agricultural service in Rodrigues » soumis à l’ARR mais au 30 avril 2015, rien n’avait été fait.
Dans le cadre de la création du Baladirou Chili village en 2013, 50 personnes avaient bénéficié du programme mais au 6 mai 2014 seules six étaient encore impliquées dans le projet et comptaient chacune entre deux et dix plantes. En juillet 2014, des travaux de construction d’un bassin pour la récupération de l’eau de pluie avaient commencé mais à avril 2015, ils n’avaient pas pris fin.
L’ARR a indiqué que 35 des planteurs de piments ont souffert de pertes suite au cyclone Bansi en janvier 2015. Des actions sont entreprises pour compléter les travaux.
Le directeur de l’Audit relève une sous-utilisation des terrains alloués à l’agriculture. Selon l’ARR une des raisons serait un manque de main-d’oeuvre pour travailler la terre. En ce qui concerne l’élevage une baisse dans le nombre de vaches laitières est à noter de même que la quantité moyenne de lait produite par chaque vache. À cela l’ARR affirme que les vaches laitières ont vieilli et que la commission de l’Agriculture a l’intention d’en acheter de nouvelles.
Pour ce qui est de l’élevage des porcelets, un manque d’espace est à déplorer. Alors qu’il y a eu une demande pour l’achat de porcelets, le temps mis pour la vente de ces animaux a fait que ce sont des porcs qui ont été vendus et non des porcelets. Ce qui fait dire au bureau de l’Audit que cela « defeats the objectives of the unit ».
Pour les autres ruminants, le manque d’espace adéquat pour l’élevage, la qualité de la nourriture, l’abandon des grazing areas, envahis par les mauvaises herbes, l’accès difficile aux acacias par les animaux et le retard de vente des animaux sont mis en cause. Ce qui fait dire à l’Audit que « the situation gave rise to additional cost to the LPU in terms of feeding the animals beyond schedule ».
Infrastructures publiques
Le bureau de l’Audit déplore la hausse de 290 % des coûts pour la construction et la maintenance des routes et des ponts à Rodrigues. Alors que Rs 39,6 millions avaient été budgétées, Rs 154,9 millions ont été déboursées. Le rapport ajoute : « Additional expenditure of Rs 115.3 million was met from reallocations from projects of other Commissions, for which funds had been earmarked but which had not been implemented, and also from additional funds obtained from the Ministry of Finance. »
Ce qui fait dire au directeur de l’Audit que les projets doivent être réalisés selon le budget disponible et que tout écart doit être justifié. Il affirme que les résultats après analyse par un laboratoire doivent être approuvés par l’ingénieur. De même des analyses doivent être faites sur les matériaux utilisés dans la construction des routes pour assurer la qualité selon les spécifications.
Les analyses de base doivent être entreprises par un laboratoire indépendant agréé par l’ingénieur. L’entrepreneur doit être en mesure de justifier les mauvaises conditions météorologiques et prendre ses précautions pour ne pas être à court de matériaux durant la période d’exécution. Les travaux annexes auraient pu être accordés aux petits et moyens entrepreneurs lorsque les prix indiqués étaient inférieurs.
Le bureau de l’Audit estime que le retard dans l’exécution du projet, dû notamment au manque de fonds, découle de l’absence de plan infrastructurel.
Au niveau de la santé, le directeur de l’Audit souligne qu’un montant de Rs 23 161 500 était nécessaire pour financer l’acquisition d’un CT Scan pour lequel de l’argent avait été budgété sous le budget 2013. Cependant, le paiement n’a pas été effectué à la fermeture des comptes. Il souligne que l’ARR a eu recours à cela « parce qu’il n’y avait pas de dispositions budgétaires pour l’année en cours pour que le paiement puisse être effectué ». Le directeur de l’Audit a attiré l’attention de l’ARR à l’effet que ces paiements ne figurent sous le « Detailed statement of expenditure » ni pour l’année 2013, ni pour 2014.
À cela l’ARR répond que dans un souci de transparence, elle prendra des dispositions pour qu’une motion soit approuvée pour toute dépense supplémentaire dans le cadre de l’amendement de la Rodrigues Regional Assembly Act.