Tandis que l’Assemblée régionale de Rodrigues avait annoncé la suspension de l’enseignement du kreol morisien dans les classes des écoles primaires de l’île, faute d’enseignants, à partir de cette année, de son côté le ministère de l’Éducation s’apprête à remédier à ce manque. En effet, les autorités de l’éducation à Maurice s’activent actuellement à trouver des enseignants pour relancer l’enseignement du kreol morisien au plus vite dans les écoles gouvernementales, à la rentrée du deuxième trimestre. Le ministère de l’Education semble suivre le dossier de l’enseignement de la langue maternelle à Rodrigues, de très près. Il y a peu, les autorités avaient demandé à la Commission de l’Éducation de Rodrigues de lui faire parvenir le nombre d’enfants ayant choisi cette langue comme matière optionnelle. Le manque d’enseignants de kreol morisien dans les écoles publiques s’explique par le retour de ces derniers vers l’enseignement de matières générales. Il revient que l’année dernière un certain n’ombre d’entre eux, sans informer le ministère de l’Éducation aurait abandonné le kreol morisien. Du coup 4 de ces enseignants sont rentrés à Maurice et les autres ne souhaitaient plus réintégrer les cinq écoles publiques, dans l’île. Pour palier l’absence d’enseignants, le ministère compte sur l’envoi de trainee teachers fraîchement sortis de la Mauritius Institute of Education. Et en parallèle, il a aussi frappé à la porte de la Government Teachers’ Union pour que le syndicat lance un appel aux enseignants de matières générales, intéressés à enseigner le kreol morisien dans l’île.
Si, a priori, le ministère de l’Éducation est en train de trouver une solution à un problème d’ordre « technique », cette situation pourrait être interprétée autrement! En effet, Rodrigues qui souhaite vivement la naissance et l’officialisation du kreol rodriguais a réitéré ce désir en décembre dernier, lors des activités du festival kreol. L’élaboration de dictionnaires est en vue et le gouvernement régional en place rêve d’implémenter un curriculum propre à Rodrigues en matière de langue maternelle dans les classes. Et en prenant connaissance de la pénurie d’enseignants de kreol morisien dans les écoles gouvernementales, Rodrigues qui n’a pas sollicité l’intervention du ministère de l’Éducation pour remplacer les départs, a plutôt donné l’impression qu’elle a saisi une opportunité pour faire passer un message. Avant la rentrée des classes de janvier dernier, le Conseil exécutif de l’Assemblée régionale annonçait la suspension du kreol morisien (dans les écoles gouvernementales) « pending the development of a proper curriculum for Rodrigues. » En clair, si le kreol devrait faire son retour à l’école, ce serait celui de Rodrigues. Toutefois, le ministère de l’Education qui, de par sa position a le dernier mot sur le curriculum dans les écoles publiques, a pris les devants pour rappeler qu’il lui revient d’assurer la bonne marche d’un concept qu’il a implémenté. Ainsi, malgré la décision du Conseil exécutif de l’Assemblée régionale, le kreol morisien sera à nouveau enseigné dans les classes de Std I à III, après les vacances.