Des sympathisants du MMM se sont réunis devant le poste de police après avoir appris l’interpellation de sept jeunes

Keshaw Jhummun, membre du Bureau politique du Mouvement militant mauricien (MMM), a été interpellé par la police de Stanley vendredi matin pour rogue and vagabond. Lui et six autres amis ont été embarqués par une équipe de police vers 5 heures. « Ti ankor pe fer nwar kan lapolis inn tap laport inn embark nou », a confié un des jeunes. Et d’ajouter que ce n’est qu’une fois au poste de police qu’ils ont appris qu’ils faisaient l’objet d’une enquête.

Ce groupe avait manifesté devant la maison d’un habitant de la localité qu’il soupçonnait d’être trempé dans des activités illégales. Cette protestation s’était déroulée en mars. Mais la personne concernée n’avait pas apprécié cette démarche et elle avait porté plainte à la police le 5 mars en soutenant que Keshaw Jhummun et ses amis étaient entrés dans sa cour sans sa permission et l’avait agressée. La plaignante a ajouté qu’ils auraient également endommagé ses biens.

Mais les jeunes ont nié ces accusations et dit qu’ils n’étaient que dans la rue. « Nou ti signal lapolis ki bann aktivite lous ti pe deroule laba. Me okenn la polis zame pa vinn gete. Nou ti mem fer enn depozision kont la personn. Kom otorite pa pran kont nou fer enn la mars devan lakaz sa personn-la », explique notre interlocuteur. Selon ces jeunes, leur acte n’était pas un rassemblement illégal car ils n’étaient qu’à sept. « Me la polis inn dir nou ena enn lanket kont nou pou rogue and vagabond. »

L’avocat Chetan Baboolall a assisté le groupe lors de leur interrogatoire. Tandis qu’à l’extérieur du poste de police, une quinzaine de sympathisants du MMM s’étaient réunis pour suivre la situation. Finalement, les sept jeunes ont été autorisés à partir à ce stade de l’enquête.

Mais Keshaw Jhummun s’est, lui, rendu à l’hôpital après son interrogatoire. Selon son entourage, il accuse un inspecteur de police de l’avoir brutalisé lors de son interpellation chez lui.

De son côté, Deven Nagalingum, membre du MMM, dit avoir parlé avec le commissaire de police Mario Nobin pour dénoncer la manière dont l’interpellation de ces jeunes s’est déroulée. « Je dénonce la façon de faire de la police d’autant plus que ce sont les jeunes qui avaient dénoncé cette personne à la police ». Il trouve « inadmissible que la police débarque chez ces jeunes à 5 heures du matin pour les embarquer comme s’ils étaient des criminels ».