Lancé vers la mi-février, le Youth Employment Programme (YEP), destiné aux jeunes de 16 à 30 ans et qui sont au chômage, rencontre déjà du succès. À peine quatre mois après, plus de 1000 jeunes sont déjà en entreprise sous le YEP. L’objectif étant de leur proposer un stage en entreprise afin de les aider après cette expérience à trouver un emploi. Dans l’entretien qui suit, Roland Dubois, Senior Adviser au ministère des Finances et responsable de ce programme, dresse un constat de son évolution chez les jeunes et les employeurs. M. Dubois se dit satisfait du rythme des placements. « 1019 jeunes ont été placés à ce jour, soit environ 225 par mois d’opération. Le rythme commence à prendre de l’ampleur après une période de gestation au départ », dit-il.
Le Cabinet des ministres de vendredi dernier fait mention de 1004 jeunes déjà placés sous le Youth Employment Programme (YEP). Qu’en est-il ?
Le Youth Employment Programme a été lancé officiellement par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, le 29 janvier dernier lors d’une conférence de presse. Il est devenu opérationnel vers la mi-février. Le YEP poursuit l’objectif de placer les jeunes de 16 à 30 ans, qui sont au chômage, en entreprise pendant une année en vue d’acquérir les compétences nécessaires leur permettant de devenir employables et éventuellement avoir la possibilité d’être employés s’ils font preuve d’une performance satisfaisante.
Je dois ajouter que le processus est aussi très dynamique. Tous les jours, les chiffres changent. En effet, entre vendredi dernier et à hier après-midi, le nombre de jeunes placés en entreprise est passé de 1004 à 1019.
Comment jugez-vous le rythme des placements ?
1019 jeunes ont été placés à ce jour, ce qui fait à peu près 225 jeunes placés chaque mois depuis l’entrée en opération du YEP. Bien sûr, on aurait souhaité que ce rythme soit plus conséquent. Mais je dois dire qu’il commence à prendre de l’ampleur, après une période de gestation au départ.
Plus de 6 000 jeunes et plus de 380 employeurs se sont déjà enregistrés pour le YEP à ce jour. Le rythme des placements est tributaire de plusieurs facteurs : quand un employeur s’inscrit au YEP, on lui accorde un certain temps pour effectuer la sélection et le recrutement. Surtout quand on réalise que l’employeur recrute un jeune pour éventuellement l’employer après cette année de placement. Mais une fois qu’il a finalisé sa liste de jeunes, il appose sa signature sur le contrat qui définit toutes les conditions du placement/formation et nous le fait parvenir au secrétariat de Skills Working Group. Nous nous assurons alors que le dossier est complet puis, nous renvoyons le contrat dûment signé à l’employeur qui peut aller de l’avant avec le placement dans un maximum de 2 jours. Le site web est le www. yep. mu et les numéros de téléphone sont le 2013992, 2011472 ou le 201 2471.
Les employeurs réagissent-ils bien au programme ?
Le projet YEP a un comité de pilotage le Skills Working Group conjoint, gouvernement/secteur privé, coprésidé par le ministère des Finances et Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council. La MEF est aussi représentée sur le SWG. Le secteur privé est donc partie prenante de ce projet. Presque 85 employeurs s’enregistrent sur le site chaque mois, ce qui n’est pas mal. 169 employeurs ont déjà signé le contrat à ce jour et les autres sont en train de faire le nécessaire concernant les recrutements. Nous sommes plutôt satisfaits du rythme des placements. Ceci dit, je profite de l’occasion qui m’est donné à travers votre journal pour lancer un appel à toutes les entreprises de Maurice en vue de participer pleinement à ce projet, dont un des objectifs est de créer un réservoir de jeunes avec des compétences dont elles ont besoin.
Quels sont les secteurs qui emploient ?
D’après nos statistiques, les compagnies demanderesses à ce jour sont dans les secteurs manufacturiers, l’ingénierie et autres professionnels, les TIC, l’hôtellerie et la restauration, le commerce, entre autres.
Comment expliquez-vous que de nombreux jeunes diplômés ne trouvent pas d’emploi ?
C’est un phénomène mondial. Le chômage est un des problèmes majeurs touchant les différentes économies à travers le monde. Les différents pays d’Europe en souffrent énormément depuis que la crise s’y est installée. Bien sûr, certains pays en souffrent beaucoup plus que d’autres. Le nombre de chômeurs en France a déjà dépassé les 3,2 millions ; 2 millions de longue durée, un moyen de 1 an et 4 mois. En Espagne, en Grèce et en Afrique du Sud, plus de la moitié des jeunes sont sans emplois. Parmi les 34 pays membres de l’OCDE, il est estimé que 26 millions de jeunes tombent dans la catégorie du NEET (pas dans une démarche d’emploi, d’éducation ou de formation).
À Maurice, le taux de chômage tourne autour de 8 %, avec un taux plus prononcé pour les femmes (13 %) et celui des hommes qui se situant autour de 5 %. Le problème de chômage des jeunes peut trouver sa source dans l’une des quatre causes suivantes :
1) l’éducation des jeunes
Très souvent les qualifications que possèdent les jeunes ne correspondent pas aux besoins du marché du travail. Par exemple, beaucoup de jeunes ont une licence en langues et malheureusement, ce n’est pas ce que recherchent les entreprises ;
2) le manque d’expérience
Hormis ses qualifications, quand un jeune postule pour un emploi, on lui demande s’il a de l’expérience. Or, ce n’est souvent pas le cas pour un jeune qui vient de terminer ses études.
3) les jeunes ne sont pas prêts à accepter certains emplois
Soit l’emploi ne leur convient pas, soit le lieu de travail est trop loin de leur résidence. L’emploi peut aussi ne pas être très rémunérateur.
4) le manque d’information
Alors que des jeunes disposant d’une certaine qualification sont à la recherche d’un emploi, parallèlement, des employeurs cherchent des jeunes avec ces mêmes critères mais les deux ne se rencontrent pas.
Qu’avez-vous à dire à ces jeunes ?
En conclusion, je voudrais faire un appel aux jeunes pour qu’ils restent joignables au téléphone et soient présents aux entrevues. Aussi, je leur demanderai de ne pas refuser l’emploi qui leur est proposé car c’est une opportunité pour développer leurs compétences et se familiariser avec le monde du travail. Chaque entrevue offre au jeune une occasion d’apprendre, de s’auto-évaluer afin de mieux faire lors de la prochaine entrevue. Je voudrais aussi attirer l’attention des jeunes sur le fait que ce programme est uniquement destiné à ceuxx qui ont terminé leurs étudse et qui sont sur le marché du travail.