L’une des principales retombées de la manifestation tenue hier à Rose-Hill pour dénoncer « les lacunes » des deux lois du travail en vigueur, a été l’appel unanime pour que les syndicalistes des fédérations et confédérations unissent  leurs forces pour un meilleur pouvoir de persuasion. D’autre part, Reeaz Chuttoo, secrétaire de le Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, n’a pas épargné le syndicaliste Radakrishna Sadien, président de la Government Services Employees Association, alléguant que ce dernier « nek dan coulwar minis pou gagne nomination lor board ».
Force est de constater, toutefois, que ce n’était pas la foule des grands jours pour cette manifestation, tenue hier à 13h30 à Rose-Hill, et qui avait comme principal objectif de dénoncer avec force les lacunes de l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act, les deux lois du travail promulguées en février 2009. Dans un premier temps, les syndicalistes de la Platform kont lalwa anti-travayer, devaient tour à tour, au cours des diverses interventions avant le début de la marche à place Margéot, citer une liste de dangers, pour la classe ouvrière, découlant de ces deux lois du travail. La lenteur observée, selon les représentants syndicaux, pour apporter des amendements aux lois en question a également été l’objet de vives critiques, au cours desquelles le ministre du Travail et des Relations industrielles n’a pas été épargné. « Avan premye mai, minis Mohamed dir le 23 avril ki bann la lwa pe rantr dan Parlman en mai. Me finn arriv aout, penkor nanier mem », devait s’insurger Jane Ragoo, présidente de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP).
Un appel devait ainsi être lancé, par la quasi-totalité des intervenants les plus attendus d’hier, pour une unification des forces syndicales, soutenue par l’apport des travailleurs. Jane Ragoo, prenant la parole avant Reeaz Chuttoo et Jack Bizlall, avait été la première à donner le ton : « Bizin mett divergence ek bann orgueil de kote. Nou bizin marse ensam ! ».
La figure de proue de la classe syndicale à Maurice, Jack Bizllal, devait prendre le relais. Dans un premier temps, il devait lancer un message clair aux jeunes pour qu’ils prennent leurs responsabilités dans la société. Plus tard dans son intervention, il reviendra sur l’importance du rassemblement pour les syndicalistes : « Fode pas rantre dans logik ki kan enn lot pe fer manifestation, nou kont. Nou bizin partisip dan tou manifestation ! Se sa ki pou creer enn cassure ». « Nou pe vive dans enn letemp kot nepli kapav gayn kiksoz sans manifester. Pena lot solition ki fer bann madam, intellectuel ek lezot manifester. Se sel zarme ki nou ena… », a-t-il également lancé.
Tout en appelant à l’unification des forces syndicales, plusieurs intervenants devaient toutefois égratigner les « roder bout ». Reeaz Chuttoo ne s’est pas fait prier, pendant son temps de parole, pour critiquer vivement les agissements du syndicaliste Radakrishna Sadien, alléguant que ce dernier « dan coulwar minis la nuite, li zour, pour gagne nomination lor board ». S’adressant aux manifestants quelques secondes plus tard, il devait déclarer : « Mo fer enn apel bann syndicat honet pou vinn ensam. La goss bizin unifier, li pas kapav diviser… »
Les interventions des divers syndicalistes ont ensuite été suivies par une marche pacifique dans les artères principales de Rose-Hill, qui s’est terminée au Plaza. rendez-vous a ensuite été pris pour le 7 octobre, pour la Journée d’action internationale pour le travail décent.