La marche pacifique organisée à Rose-Hill, hier après-midi, pour contrer la mise en place d’une centrale à charbon à Pointe-aux-Caves, Albion, et pour inciter le gouvernement à abandonner cette source d’énergie électrique, a été pour le moins originale. De la banderole géante du collectif Azir Moris, mené par le photographe et travailleur social Jameel Peerally, à celles des associations écologiques et féminines, ou encore de groupes venant de diverses régions de l’île, du marching band aux diverses percussions montées sur des véhicules, tous les moyens étaient bons pour les manifestants afin de dire non au charbon. Enfants, jeunes et moins jeunes ont arboré pancartes et drapeaux, dont le quadricolore mauricien, en scandant : « Sarbon nou pa le », « Protez nou lanvironnman », ou « Ena pe dir sarbon blan, sarbon nwar : na pa les deba-la kominalize ».
Ce sont des habitants d’Albion venus avec leurs chiens de race qui ont ouvert la marche, suivis d’une bonne foule. En tête de cortège, on pouvait également voir un cercueil, prêté par Elie & Sons et monté sur roues…
La marche pacifique a débuté vers 15 h 15 à la Place Margéot à Rose-Hill. Le cortège s’est ensuite dirigé vers le bâtiment du Central Electricity Board (CEB), où des orateurs sont intervenus, encourageant les employés les plus intrépides à se joindre au mouvement.
Devant les encouragements des personnes défilant le long de la route Royale, de nombreux badauds qui regardaient passer le cortège se sont également joints aux manifestants.
Plus d’une heure plus tard, avec l’apparition d’une pluie fine, le cortège est arrivé dans la cour du Plaza où quelques orateurs ont pris la parole. Un appel a ainsi été lancé par Ashok Subron, de Rezistans ek Alternativ, à participer à la marche prévue le 16 mars prochain à Bell-Village, et dont l’objectif est de s’opposer aux nouvelles lois du travail.
Jeff Lingaya, qui avait récemment tenu une grève de la faim d’une dizaine de jours au Jardin de la Compagnie, a pour sa part rappelé que le combat contre les centrales à charbon est celui de tous les Mauriciens. Ce qui a expliqué le fait qu’il y avait à la marche d’hier « deux fois plus de personnes » que lors de la dernière marche organisée en novembre dernier à Port-Louis, selon Fabiani Balisson, une des chevilles ouvrières de la Plateforme Citoyenne pour dire non au charbon. Ce dernier estime également que « les gens ont réalisé l’importance de faire entendre leur voix ». « Cette marche a eu lieu à la suite des nombreuses demandes des habitants rencontrés lors de nos réunions nocturnes », a-t-il encore ajouté.
Pour rappel, le collectif Azir Moris avait placé, dans le courant de la semaine écoulée, une banderole géante pour dire non au charbon sur l’arche de l’ancien pont enjambant la Grande Rivière Nord Ouest.
La marche a été clôturée par un concert, animé par des artistes et des groupes locaux, dans la cour du Plaza.