Les élections ne vont pas tarder, a laissé entendre hier le leader du MMM Paul Bérenger, qui animait un point de presse après une réunion spéciale du Bureau politique de son parti à Rose-Hill. Il a fait comprendre que la position du MMM est que la loi sur la réforme électorale, qui est pratiquement prête, doit être adoptée par une majorité de trois quarts et mise en application pour les prochaines élections générales. Il trouve cependant « tout à fait honorable » le désir du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de rechercher un mandat populaire à l’occasion des prochaines élections. Dans ce cas, le leader mauve évoque un mini-amendement constitutionnel, afin de permettre aux candidats qui le souhaitent de ne pas décliner leur communauté. Et de préciser que le MMM n’est nullement concerné par les allusions du Premier ministre et le terme « béquilles » qui, selon Paul Bérenger, s’adressait aux PMSD et au MSM. Selon lui, les possibilités d’alliance avec le MSM sont
totalement abandonnées. Quant à l’éventualité d’une alliance avec le Ptr, elle n’a pas été évoquée dans les instances du MMM.
Paul Bérénger a indiqué que le texte de loi sur la réforme électorale est presque finalisé et sera complété « très vite » par le comité Faugoo, dont fait partie le leader adjoint du MMM Alan Ganoo et qui se rencontre aujourd’hui. « Nous nous attendons à ce que le texte de loi soit prêt dans les plus brefs délais. Les choses seront bien éclaircies d’ici là », a-t-il fait comprendre. Selon Paul Bérenger, deux points restaient à être éclaircis, mais « la solution est à portée de main ». Ces points sont liés aux nouvelles dispositions proposées pour le remplacement du “best loser system”. « Nous voulons rassurer les gens qui sont inquiets par le remplacement du système de “best losers”. S’il y a un 60-0 et que c’est uniquement le parti remportant les élections qui dépasse les 10%, et si le “wasted vote system” est utilisé pour calculer la liste A (proportionnelle) et la liste B appelée à remplacer le “best losers system”, donc si ces trois choses se produisent, il y aura un problème. Nous voulons quelque chose de “full proof” qui rassure ceux qui sont inquiets par l’amendement constitutionnel concernant le BLS dans sa forme actuelle », a-t-il dit.
Selon lui, une des solutions au problème serait de choisir le “wasted vote system” pour la liste A et le “parallel vote system” pour la liste B. « Puisque la liste B prévoit la nomination de six députés, cela signifie qu’un parti ayant obtenu 60% de votes obtiendra 60% des 6. « Ce n’est qu’une proposition et nous la laissons entre les mains du comité de travail présidé par l’Attorney General », a-t-il dit.
Concernant la représentation féminine, il a expliqué qu’il y a un consensus sur la présence d’un tiers de femmes sur la liste des candidats au FPTP et la liste proportionnelle A. Il suggère la liste B, dont le but est de redresser un éventuel déséquilibre, ne soit pas soumis aux mêmes exigences et soit laissée libre.
Paul Bérenger a rappelé que le MMM a toujours souhaité la préparation d’un texte de loi et son adoption au Parlement par une majorité de trois quarts. Cependant, Navin Ramgoolam a eu une position différente. Il a toujours été d’avis que, même si la loi est adoptée, il ne fallait pas la proclamer afin de rechercher un mandat populaire lors des prochaines élections. « L’idée de chercher un mandat populaire est respectable », a dit Paul Bérenger.
Cependant, si la loi n’est pas promulguée ou si une majorité de trois quarts n’est pas obtenue, afin de ne pas chercher d’ennuis avec les Nations Unies, un mini-amendement constitutionnel consistant à remplacer le mot “shall” par “may” dans la Constitution s’avérera nécessaire. « Ainsi, dit-il, aucun candidat ne sera disqualifié s’il ne décline pas sa communauté. Toufefois, il ne pourra pas bénéficier du système de “best losers”. »
Paul Bérenger reconnaît que cela déstabilisera le calcul de la commission électorale, surtout s’il y a beaucoup de personnes qui ne déclinent pas leur communauté. « Nous ne cherchons pas une perfection mathématique, mais nous voulons rassurer les gens qui sont inquiets par les changements au nouveau des “best losers” », a-t-il dit. En réponse à une question de la presse, le leader du MMM a aussi expliqué que la loi anti-transfuge, ainsi que le financement des partis et les pouvoirs supplémentaires à la Commission électorale, sont « importants ». Il développe : « Évidemment, s’il y a quelque chose dans le texte de loi, nous ne serons pas contre, mais la question est avant tout d’arriver à les faire fonctionner. L’intention est bonne, mais nous pensons que c’est une question séparée de la réforme électorale. »
Paul Bérenger a également commenté la démarche de Jacques Panglose et de Yousouf Mohamed, qui pensent que la réforme électorale proposée, en particulier concernant le “best loser system”, est en violation de l’article 1 de la Constitution, qui stipule que « Mauritius shall be a souverain  and democratic State ». Le leader mauve observe que « leur réaction repose sur un jugement du Privy Council en 2006 dans le cadre de l’affaire Koyratty », précisant : « Ils estiment que lorsque nous changeons la réforme électorale, nous violons l’article 1 de la Constitution. » Il rappelle que le Privy Council avait utilisé trois critères pour définir une démocratie : 1) “free and fair elections regularly”; 2) un système judiciaire “impartial et indépendant” et; 3) une séparation des pouvoirs (judiciaire, législatif et exécutif).
« Nous reconnaissons leur droit de contester cela en Cour et, éventuellement, jusqu’au Privy Council. Déjà, dans le système actuel, il y a la possibilité pour les leaders de désigner, dans certains cas, ceux qui peuvent entrer au Parlement. Si un parti politique qui s’est vu octroyer un député dans la communauté n’a plus de député de cette communauté, le leader du parti  peut choisir un candidat et demander à la Commission  électorale de le valider. »