Après un contrôle rigoureux du centre ville de Rose-Hill pendant toute l’année 2011, qui s’est accru pendant le mois de décembre, la police et la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill ont finalement cédé devant les marchands “ambulants” le 31 décembre. Ces derniers avaient envahi le centre peu après que le conseiller Raj Aubeeluck eut en public souhaité que la mairie agisse avec une « certaine flexibilité » envers des marchands vendant des produits spécifiques. Cette démarche du conseiller Aubeeluck n’est pas appréciée au sein de la municipalité en raison du procès intenté contre la mairie par l’Association des Commerçants de BB/RH, qui sera pris sur le fond mardi prochain.
Le déferlement des vendeurs de pétards dans le centre de Rose-Hill en début d’après-midi du 31 décembre et leur installation à des points stratégiques ont pris de court les commerçants dans les magasins, les jeunes policiers en patrouille, les responsables de la municipalité mais aussi le public. Plus d’un était étonné que Norbert Froget, le maire, fort du soutien des employés municipaux et de la police, qui s’est montré très intransigeant sur la question de l’ordre et de la discipline dans les artères principales de la ville pendant toute l’année écoulée, ait finalement cédé à la pression des marchands. « Nous n’avons jamais cédé », rétorque le maire. « Avec l’appel de M. Aubeeluck sur une radio en faveur des marchands, tout le monde croyait que le terrain était libre. Les marchands sont venus en foule et la situation est devenue vite incontrôlable », explique M. Froget, qui souligne que les employés municipaux qui ont voulu ramener l’ordre se sont fait rabrouer par les marchands. Le maire ne nie pas que la demande de son collègue Aubeeluck a décontenancé l’administration municipale. « C’est dommage qu’un conseiller soit allé à la radio pour demander de les laisser travailler. C’est vrai qu’il embarrasse le conseil municipal car nous avons deux affaires en Cour. On sait que l’Association des Commerçants va ajouter ce qui s’est passé le 31 décembre à son dossier et on craint ce que la Cour nous dira mardi prochain », dit-il.
Interrogé ce matin par Le Mauricien sur l’appel qu’il a lancé à la radio le 31 décembre, alors que la mairie des villes soeurs a commencé à montrer la voie aux autres municipalités sur la gestion de ce problème, Raj Aubeeluck, sur un ton très agacé, affirme qu’il n’a « à aucun moment ce jour-là plaidé en faveur de tous les marchands ». Il explique dans quelle circonstance il est intervenu sur ce sujet sur cette radio privée. Il raconte qu’un journaliste l’avait appelé pour une réaction au sujet d’une manifestation projetée par des marchands contre l’interdiction de la mairie de les laisser travailler dans le centre ville. « Mo finn fer konn mo pozision. C’est là que j’ai dit que j’avais déjà rencontré le Chief Executive pour lui dire d’être un peu plus flexible pendant quelques jours envers les marchands qui vendent des articles qu’on ne trouve pas dans les magasins. Mo finn relans enn apel lor radio à Chief Executive pou sa bann marsan-la lor enn baz imaniter », soutient le conseiller Aubeeluck. À quelle catégorie de marchands pensait-il ce jour-là ? « Marsan petar, marsan sorbet ek marsan pistas », répond M. Aubeeluck. « Zame mo finn dir less tou marsan travay », insiste-t-il. Toutefois le conseiller doute qu’on puisse exercer un contrôle strict sur les activités des marchands ambulants un 31 décembre. « Eski kapav kontrol marsan anbilan sa zour-la », se demande-t-il. Quand on lui demande si le maire était au courant de sa démarche personnelle auprès du Chief Executive, Raj Aubeeluck réplique qu’il n’a « point besoin d’en parler au maire ». Est-il conscient que le déferlement des marchands le 31 décembre après son intervention radiophonique pourrait embarrasser la mairie en Cour ? « Zame mo finn dir sa bann marsan al travay kot zot anvi », soutient-il.
Il est bon de savoir que pour vendre des pétards et des feux d’artifice, le commerçant doit obligatoirement détenir un permis spécial délivré par les Fire Services. Sur présentation de ce certificat, la mairie lui accorde son autorisation. Or, ces marchands ne détenaient pas ce type permis. « D’après des renseignements précis que nous avons obtenus, les Fire Services ne délivrent aucun permis aux marchands ambulants pour la vente des pétards dans des lieux publics », soutient pour sa part l’Association des Commerçants de BB/RH, qui a fait part à la mairie officiellement de son mécontentement et de « son incompréhension » s’agissant de la présence des marchands ambulants devant leurs boutiques les 24 et 31 décembre. « Malgré nos nombreuses lettres de protestation et nos dépositions à la police, il y a eu encore une fois le 31 décembre une atteinte aux droits des commerçants et à l’ordre public. En prévision de notre main case qui sera entendu le 10 janvier, nous sommes en train de boucler notre dossier avec nos hommes de loi », indique M. Permala, le président de cette association.