À Rose-Hill, l’accaparement des places de parking par des marchands ambulants est sévèrement décrié par les commerçants de la ville, en règle avec les autorités. Ces derniers dénoncent aussi que la municipalité ait été transformée en « poubelle » en attendant les services de voiries, et ce en raison des déchets abandonnés par les marchands ambulants à la veille de Noël.
Si les effectifs de la police déployés le long des artères principales ont pu repousser les assauts répétés des marchands qui voulaient s’installer depuis tôt le matin, à la nuit tombante, vers 19 h, le 24 décembre dernier, des dizaines de marchands, y compris les marchands de glace et de nourriture, ont bouclé, avec leurs fourgonnettes et camionnettes, voire sur des places de parking, tout le périmètre se situant entre une partie des rues Royale, John Kennedy, St-Ignace, John Kennedy, Place Margéot ainsi que devant la succursale de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Les commerçants de la ville disent avoir été « pris en otage » par ces marchands, lesquels n’ont pas hésité à bloquer les accès et stationner dans des endroits pourtant interdits afin d’écouler leurs produits. La rue La Reine avait été envahie depuis tôt le matin par des fourgonnettes en stationnement tout le long de cette rue, les marchands occupant chaque pouce de trottoirs. Une propriétaire de magasin, situé le long de cette rue, se dit exaspérée par la situation. « Ces marchands ambulants nous volent notre clientèle alors que nous payons la taxe et tous les frais aux autorités. C’est de la concurrence déloyale. Et quand ils mettent leurs véhicules sur les places de parking, nos clients n’arrivent plus à trouver un endroit pour se garer », témoigne notre interlocutrice.
Cette situation a d’autres conséquences : les déchets abandonnés par les marchands après leur passage en attendant le ramassage des ordures, le jour suivant. Bien que les services de voirie aient fait le nécessaire tôt hier matin, soit le jour de Noël, ces déchets sont enlevés aux frais des opérateurs économiques et d’autres contribuables de la ville, font remarquer les propriétaires des magasins que nous avons rencontrés ce matin. « Le centre-ville de Rose-Hill offrait hier une image de désolation et de désordre indescriptible avec les devantures des banques converties en foires, pêle-mêle, marchands de jouets et de pétards, marchandises diverses et des nourritures servies dans l’obscurité et sans contrôle sanitaire, rendant l’accès aux guichets automatiques extrêmement risqués. On nous avait pourtant promis une ville propre, sécurisée, moderne et bien gérée. Force est de constater que nous en sommes très loin encore », regrette Prakash Permala, président de l’Association des commerçants de Rose-Hill. À propos de la mise en demeure servie ce mois-ci à la police et à la municipalité pour leur rappeler leur engagement de tout mettre en oeuvre pour contrôler ce type de commerces illégaux, Prakash Permala a le sentiment que cette notice juridique « a été jetée à la poubelle », de même que le jugement de la Cour de 2011 interdisant les commerces illégaux dans la ville.
Les commerçants pointent du doigt le conseil municipal qui, concluent-ils, ne serait pas en mesure de respecter et de faire respecter un jugement de la Cour suprême prononcé à l’effet qu’aucun marchand ambulant n’a le droit d’opérer dans le périmètre de la ville. « On tolère trop ces marchands. Il n’y a pas assez de mesures strictes. On devrait songer à revoir à la hausse les contraventions. Certains marchands ne sont nullement découragés par le coût de la contravention infligée à ce jour », estime un autre propriétaire de magasin des Arcades Sunassee. Les commerçants préconisent un système de surveillance à travers l’installation de caméras, qui constitue un moyen pour les officiers responsables de la municipalité d’obtenir des images du nombre de véhicules et pour relever leur numéro d’immatriculation et, ce faisant, identifier les personnes impliquées, en vue d’actions légales immédiates.