Lors d’une réunion avec la mairie et une autre avec les représentants de la police, les associations des commerçants de Rose-Hill/Beau-Bassin ont exprimé leur ras-le-bol devant la recrudescence des activités illégales des marchands ambulants dans le centre-ville. Concurrence déloyale et insécurité grandissante ont été relevées. Le maire affirme, lui, que la municipalité est « déterminée à faire respecter la loi », proposant de reloger ces marchands dans les étals libres des foires municipales. Un appel à candidature pour l’allocation de ces espaces a donc été lancé. Reste à confirmer si ces hawkers y témoignent de l’intérêt.
Les trois organisations de commerçants ont participé aux réunions avec les autorités policières et municipales, soit l’Association Marchands La foire Da Patten, l’Association des commerçants de BB/RH et la Plaines Wilhems Market Traders Association. Leurs responsables ont dressé une liste de griefs, dont l’encombrement des trottoirs et l’accaparement des parkings publics par les activités commerciales illégales; l’organisation des foires par des particuliers dans des endroits publics stratégiques et autorisée par la mairie; l’insécurité dès la tombée de la nuit; la vente de légumes, de fruits ainsi que d’autres aliments posés à même le sol; le regroupement de toxicomanes dans certains lieux; les activités louches à certains endroits; la violence grandissante; la délinquance chez des jeunes; et des parkings « improvisés » n’importe où, qui créent un désordre.
L’ACP Ramsurrun, de la Western Division, a promis à ces commerçants une « opération coup de poing » contre les activités commerciales illégales. Le maire leur a également donné l’assurance que la municipalité adoptera une politique de « zéro tolérance » à  ce sujet.
Les dirigeants de ces associations ont pris bonne note des engagements pris par les nouveaux administrateurs municipaux et ce responsable de la police, mais ne sont pas pour autant tranquilles en raison des réponses similaires obtenues dans le passé lors des nombreuses rencontres qu’ils ont eues avec ces deux autorités. « Nous avons eu des nombreuses réunions ces six dernières années avec les autorités concernées et, à chaque fois, on nous a donné l’assurance que les marchands ambulants ne nous gêneront plus dans nos activités professionnelles. Toutefois, il n’y a eu aucune amélioration et la situation s’est détériorée. Le centre-ville est anarchique durant la période de fin d’année. Nous apprécions que la nouvelle équipe municipale témoigne d’une volonté de régler le problème de marchands ambulants, mais nous restons sur nos gardes », réagit Prakash Permala, président de l’Association des commerçants de BB/RH.  
L’association a dès lors accordé un délai à la mairie pour mettre en pratique son projet d’installer ces marchands dans les foires municipales. Si au bout d’un mois cet engagement reste au stade de bonnes intentions, les commerçants iront de nouveau en Cour pour obliger les autorités à respecter le verdict que la juge Rita Teelock a rendu en leur faveur en janvier 2012. « Nous étions prêts à aller en cour au mois d’avril, mais nous avons changé d’avis à cause des municipales. Nous ne reculerons pas si nous n’obtenons pas satisfaction dans les semaines qui viennent », préviennent des membres de cette association.  
Les commerçants insistent que leur objectif est d’amener les autorités à respecter et à faire respecter les lois et les règlements qui, selon eux, sont « les conditions essentielles pour qu’une ville puisse respirer et se développer continuellement pour le bien-être de ses citadins et des opérateurs économiques ». Ken Fong Suk Koon, le maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, soutient la cause des commerçants légaux. « Ce qui est illégal ne peut devenir légal. Les commerçants paient la taxe et ont raison de faire entendre leur voix pour faire respecter leurs droits. Il faut appliquer le jugement de 2012 », souligne-t-il. Le maire s’appuie sur ses promesses faites durant la campagne municipale et souhaite les respecter. « Nous avons pris un engagement électoral pour régler cette question et, en tant que maire, j’assume mes responsabilités », déclare-t-il.
Tout en affichant un ton ferme sur le respect de la loi, le maire ne veut toutefois pas se mettre à dos les marchands de rues. « Les marchands ambulants ne sont pas nos ennemis », insiste Ken Fong Suk Koon. « Ils doivent gagner leur vie eux aussi pour nourrir leurs familles. »
La solution aux problèmes de marchands ambulants « ne se trouve pas dans la rue », déclare catégoriquement le maire de BB/RH. « Je souhaite que ces marchands prennent avantage des étals libres qui sont disponibles dans les foires », espère ardemment le maire. Au total, il y a environ 150 étals à offrir et le maire aurait préféré que la demande excède l’offre plutôt que d’avoir à faire face à un manque d’intérêt pour ces étals… L’appel d’offres a pris fin durant la semaine écoulée et les citadins et les opérateurs économiques sauront dans un mois si les marchands dans l’illégalité ont opté pour un endroit permanent.
En attendant le relogement des marchands ambulants, la police et les inspecteurs municipaux ont intensifié depuis la semaine dernière le contrôle des activités commerciales illégales rue Royale. Plusieurs grosses saisies d’article en découlent, n’empêchant toutefois pas les marchands ambulants de revenir comme à l’accoutumée dès le départ des policiers et dans l’après-midi, après l’heure de travail des inspecteurs.  
Les associations de commerçants lancent un appel à la municipalité et à la police pour qu’ils mettent au point un protocole d’accord s’agissant du contrôle des activités commerciales dans l’après-midi ainsi que pendant le week-end et les jours fériés.