Les comptes du Reform Party sont audités par des experts-comptables. Et d’autres partis politiques ont été appelés à lui emboîter le pas. C’est ce qui découle d’une conférence de presse animée par le leader du RP, Roshi Bhadain, lundi matin à Quatre-Bornes, dans le cadre de la prochaine élection partielle dans la circonscription N° 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes).
« Nous sommes le seul parti à Maurice dont les comptes seront audités », a soutenu Roshi Bhadain en réponse à une question du Mauricien au sujet du financement de ses activités politiques. Il fait ressortir que le Reform Party prépare son bilan financier à la fin de chaque année financière et qu’une firme auditera ses comptes. « Ces comptes seront par la suite publiés sur notre site Internet », dit-il. Le financement, soutient-il, vient des membres de son parti à Maurice mais également des “Reformers” qui travaillent et vivent en Angleterre. « Nous avons des branches du Reform Party dans différents pays », dit-il, en soutenant que les membres de la diaspora mauricienne, surtout au sein du Reform Party UK, ont mis en place un système de crowdfunding pour financer le parti. Un compte bancaire a été ouvert à Maurice dans lequel les transferts se font directement. Selon lui, les membres de cette diaspora sont des professionnels mauriciens travaillant dans le domaine légal, la comptabilité, la médecine et qui souhaitent revenir à Maurice pour participer aux prochaines élections générales. Ils ont créé le Reform Party UK et communiquent à travers Internet.
Le leader du Reform Party ne croit pas qu’il faille une loi sur le financement des partis politiques. « Nous l’avons fait volontairement », dit-il, en appelant le PTr, le MMM et le PMSD à suivre ce que fait le Reform Party. De cette façon, avance Roshi Bhadain, cela amènera plus de transparence pour le financement des partis politiques. Il ajoute que le plafond de Rs 250 000 établi par la Commission électorale pour le financement d’une élection est « archaïque et doit être revu. » Il dit ne pas croire qu’un politicien disant la vérité acceptera d’affirmer que Rs 250 000 sont suffisantes pour une élection.
Roshi Bhadain appelle les autres partis à enlever leurs banderoles et oriflammes pour que la ville de Quatre-Bornes ne devienne pas un « eyesore ». Son parti, promet-il, en fera de même.
 
« Nobody kicks a dead dog »
Interrogé sur la prochaine descente de Navin Ramgoolam au N° 18, Roshi Bhadain a préféré répondre que « nobody kicks a dead dog ». Il avance également avoir remarqué que depuis deux semaines les membres du PTr sillonnent les rues de Quatre-Bornes. Roshi Bhadain condamne leur manière de faire car pour lui, ils le font avec un plan communal. Le leader du Reform Party condamne leur action sur le terrain et dit constater que les jeunes ne veulent plus une politique communale. Roshi Bhadain dit également se différencier des autres partis et soutient que le RP regroupe des jeunes venus de toutes les communautés de Maurice. Par ailleurs, il annonce également la préparation de sa liste de candidats pour les prochaines élections générales. Roshi Bhadain ajoute qu’il offrira un salaire décent de Rs 10 000 à tous.
Selon son constat sur le terrain, la frénésie provoquée par Arvin Boolell, candidat du PTr à cette élection, est retombée. Il avance que l’écart entre Nita Juddoo du MMM et Arvin Boolell se creuse davantage et ce que la première est dans une position plus confortable que son adversaire du PTr. Roshi Bhadain est d’avis que le plus « grand perdant » de cette partielle est le leader du PMSD, Xavier-Luc Duval. Il condamne également XLD, qui, dit-il, continue les « erreurs » de Paul Bérenger depuis 30 ans, c’est-à-dire de segmenter la population mauricienne sur la base communale et sur la caste. Par ailleurs, il souligne qu’il ne s’est pas rendu à la fête de Divali organisée par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation à Réduit, car il ne croit pas dans le système communal.
Roshi Bhadain est également revenu sur la décision du Directeur des Poursuites Publiques, Satyajit Boolell, de poursuivre le leader du PTr sous 23 charges. Selon lui, le délit de Limitation of Cash a déjà été évalué par le Conseil privé dans le passé. Les dollars jamais utilisés et découverts dans les coffres-forts de Navin Ramgoolam, dit-il, démontrent l’état de Maurice. Le leader du Reform Party se dit satisfait d’avoir pu faire voter la loi sur l’Unexplained Wealth pour que ceux qui ont amassé de l’argent puissent répondre de sa provenance. Toutefois, il ne croit pas que Navin Ramgoolam acceptera la condamnation de la Cour suprême et pense que le cas sera référé au Conseil privé. Au sujet d’Arvin Boolell, Roshi Bhadain constate qu’il est dans une situation cocasse car il devra défendre Navin Ramgoolam alors que ce dernier est poursuivi sous 23 charges criminelles par son frère, le DPP, Satyajit Boolell.