La région de route Bassin, Quatre-Bornes, a été secouée hier par une sordide affaire de meurtre. Celui d’une veuve de 37 ans, Veenoo Naiko, alias Sunita. Cette dernière – soeur de la Woman Police Constable (WPC) Boodhoo, affectée au poste de police de Rose-Hill – qui a deux enfants âgés de 13 et 10 ans, avait été reported missing au poste de police de Quatre-Bornes depuis la veille, soit vendredi. Or hier, elle a été retrouvée morte dans sa maison à Route Bassin. Elle était dénudée sous une couverture et avait la tête dans une cuvette remplie d’eau, ainsi qu’une corde autour du cou. L’autopsie effectuée hier après-midi par le Dr Maxwell Monvoisin, Acting Chief Police Medical Officer, a conclu que le décès avait été causé par une “ligature strangulation”. En clair, elle a été étranglée à l’aide d’une corde.
Singulière et dramatique histoire que celle des membres de la famille Naiko. Hier, le corps sans vie de Sunita a été découvert à la mi-journée, tandis qu’au début du mois de septembre 2006, son époux, Sailesh Kumar, alors âgé de 33 ans, avait été mortellement agressé à l’arme blanche lors d’une altercation à Résidence Kennedy, Quatre-Bornes (voir hors-texte). Depuis vendredi, Sunita, qui est employée dans une pharmacie de Quatre-Bornes, avait disparu. Ce qui avait poussé une de ses soeurs à consigner une déposition pour missing person au poste de police de la localité. Mais à la mi-journée d’hier. au grand désarroi de ses proches, son corps sans vie a été découvert dans un couloir de sa maison.
Compte tenu du fait qu’elle était dévêtue, qu’elle avait la tête plongée dans une cuvette remplie d’eau ainsi qu’une corde autour du cou, les membres de la police régulière de Quatre-Bornes ont immédiatement flairé le foul play dans cette affaire. Les limiers de la Western Division CID, emmenés par l’assistant surintendant Daniel Monvoisin, devaient être mandés sur les lieux, ainsi que le médecin-légiste, Maxwell Monvoisin, et les Scene of Crime Officers (SOCO). La soeur de la victime, la WPC Boodhoo, qui était aussi sur place, était inconsolable, tandis que dans le voisinage, les spéculations allaient bon train sur ce qui avait pu se passer à l’intérieur de la maison en dur où vivaient la victime et ses deux fils.
Très rapidement, les enquêteurs devaient obtenir une information de première main. La veuve avait une liaison avec un chauffeur de taxi, qui a pour base d’opération Quatre-Bornes. Ce dernier, plus connu sous le sobriquet de 34, avait pour fâcheuse habitude de frapper Sunita, ce qui était loin de plaire à ses proches.
Peu avant 15h, le corps sans vie de Sunita devait être retiré du locus et être placé dans le mortuary van de la police. Ce qui provoqua les pleurs de sa soeur et d’autres proches inconsolables. Le corps a été transporté à l’hôpital Princess Margaret Orthopaedic Hospital, Candos, aux fins d’autopsie. Le Dr Maxwell Monvoisin a conclu que la victime avait péri des suites d’une ligature strangulation, confirmant du coup la thèse de foul play. Sunita a été étranglée,vraisemblablement avec la corde qu’elle avait au cou. Son agresseur aurait ensuite tenté de brouiller les pistes en faisant accroire qu’elle s’était suicidée, d’où la présence de sa tête dans une cuvette remplie d’eau…
A cité La Caverne, où habitent des proches de Sunita, dont son frère Kiran, c’est l’incrédulité mêlée à un sentiment de colère qui régnait. On ne comprenait pas comment ni pourquoi quelqu’un aurait voulu nuire à Sunita, qui alliait beauté, charme et gentillesse. “Elle était chez nous ici jeudi. Elle allait très bien”, a fait ressortir un de ses beaux-frères à Week-End. Cependant, dans ces mêmes milieux, l’on ne comprenait pas pourquoi elle s’était amourachée de ce chauffeur de taxi bourru, rustre et qui, de surcroît, la battait régulièrement. Ses deux fils, également sur place, avaient l’air perdu devant toute cette agitation régnant autour d’eux. “Guet sa de zolis zenfants là. Sunita so bann garsons sa. Aster, zot nepli ena ni mama, ni papa…”, faisait, pour sa part, ressortir une tante de Sunita.
Les proches de la victime, qui s’apprêtaient à se rendre à Grand-Bassin pour la fête Maha Shivaratree, se retrouvent cette fois, contre toute attente, à organiser les funérailles de Sunita, prévues pour aujourd’hui.
Du côté des enquêteurs de la Western Division CID, on recherchait toujours activement “34”, dont les whereabouts durant les dernières 48 heures les intéressent au plus haut point. Cette enquête, menée par l’ASP Daniel Monvoisin, est placée sous la supervision de l’assistant commissaire de Police (ACP) Max Louison, Divisional Commander de la Western Division. Pendant ce temps, deux orphelins, ainsi qu’une famille qui compte trois policiers pleurent la disparition subite et brutale de Sunita.
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Six ans de cela, Sunita identifiait son époux tué à coup de couteau à la morgue
Tragique destin pour les époux Naiko. Drames dignes d’une tragédie racinienne. Les épithètes et autres qualificatifs ne manquent pas pour raconter l’histoire de Sunita et de son époux, Sailesh Kumar. Ce dernier, alors âgé de 33 ans, avait été agressé à coups de couteau dans la soirée du dimanche 10 septembre 2006 à Résidence Kennedy, à l’angle des rues Monseigneur Leen et La Confiance. Ce meurtre avait pour toile de fond une histoire d’argent. L’enquête policière avait été menée à l’époque par l’actuel n°1 de la Major Crime Investigation Team (MCIT), l’assistant Commissaire de Police (ACP) Yousouf Soopun, qui était alors un assistant surintendant de Police (ASP) et dirigeait la CID de Quatre-Bornes.
A l’issue de ce drame, Sunita s’était rendue à la morgue de l’hôpital Candos et avait identifié son époux mort. L’autopsie, qui avait été pratiquée par le Dr Satish Boolell, alors Chief Police Medical Officer (CPMO), avait attribué le décès de Sailesh Kumar Naiko à une “stabbed wound to the heart”. Un suspect, Mohamed Nissan Babooa, alors âgé de 25 ans, avait été appréhendé quelques jours plus tard par les enquêteurs à St-Pierre. Il était passé aux aveux et avait pris part à une reconstitution des faits. L’arme du crime, un couteau, avait été saisi par la police aux fins d’enquête.