Sept mois après le constat d’importantes fissures sur la Terre-Rouge–Verdun Link Road du tronçon Ripailles–Crève-Coeur, la Road Development Authority (RDA), dont la supervision technique des travaux a été mise en cause, se retrouve étêtée. Le comité disciplinaire, présidé par Avinash Sunassee, a recommandé l’interdiction de deux membres du Top Management, en l’occurrence Cadressen Dorsamy, le patron de la RDA, et son principal lieutenant, Mohammed Diljore. Le board de la RDA, qui s’est réuni, lundi, a entériné ces recommandations et a nommé Nanda Veerapa, Divisional Manager, en tant qu’Officer-in-Charge pour la suppléance compte tenu d’importants travaux d’infrastructures à venir, dont la Link Road entre Coromandel et Sorèze avec un pont enjambant la Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO). Le scandale de la Terre-Rouge–Verdun Link Road n’en restera pas là, car l’une des décisions prises a été de soumettre au Central CID le rapport de l’Office of Public Sector Governance (OPSG) des Services financiers sur les dessous du gonflement des coûts de construction de cette route de même que les conclusions des deux comités disciplinaires à des fins d’enquête au criminel.
Les conclusions de l’enquête disciplinaire instituée contre le tandem Dorsamy–Diljore sont catégoriques quant à la responsabilité de la direction générale de la RDA dans cette catastrophe, les usagers de la route payant un lourd tribut. De ce fait, l’enquête soutient que les Project Coordinators de la construction de cette route, les ingénieurs de la RDA, Juggoo et Nubheebaccus, ne devront pas être les seuls à écoper de sanctions. Après analyse des faits, le président du comité disciplinaire souligne que « Mr Nubheebucus and Mr Jughoo should not be held solely responsible, for what in our view was also a collective failure. »
Avinash Sunassee rejette la thèse de cause majeure (Act of God) dans les fissures sur la route Terre-Rouge–Verdun. « All we are able to say is that the road was not properly built and suffered from latent defects. The embankment failed. We are not prepared to go so far as to accept that this was the result of an act of God. What the facts have established is that the representatives of the RDA were not actively and properly following what was happening on the ground », soutient-il pour réclamer la suspension de ces deux membres du Top Management de la RDA. Ces conclusions sont fondées sur les témoignages des techniciens et ingénieurs de la RDA lors des différentes séances d’audition.
Des extraits du rapport du comité disciplinaire sont extrêmement sévères envers Cadressen Dorsamy et Mohammad Diljore, qui ne peuvent en aucun cas plaider l’ignorance des graves problèmes à la base des éboulements de terrain avec pour conséquence la fermeture de ce tronçon de route moins d’un mois après l’ouverture de la Terre-Rouge – Verdun Link Road. Le n° 1 de la RDA a concédé avoir accusé réception d’une série de correspondances au sujet de ces problèmes. « Mais je les ai transmises aux employés de la RDA sans les lire », a-t-il déclaré en substance lors de son audition.
Quant au cas du n° 2 de la RDA, le rapport fait comprendre que « Mr Diljore went so far as to saying that the RDA receives voluminous amounts of such correspondence and that they were sometimes taken off his table without reading them. This in our view is simply not acceptable. If a matter is brought to their attention, as managers, they are in part responsible for what happens thereafter and for whether or not any action is taken as a consequence of it. »
Mais les malheurs de Cadressen Dorsamy et de ses trois plus proches collaborateurs au sein de la RDA sont loin d’être terminés. En effet, le board de la RDA devra désigner dans les prochains jours un Senior Officer, qui ira consigner une déposition au Central CID sur les tenants et aboutissants du contrat de la Terre-Rouge–Verdun Link Road. Cette déposition sera soutenue par les détails d’un rapport de l’Office of Public Sector Governance sous la tutelle du ministère des Services financiers et de la Bonne Gouvernance.
Le scandale de cette route, dont le coût initial était de Rs 2,1 milliards – pour avoir été gonflé à Rs 3 028 650 365.33 au prix final –, a été un des premiers dossiers « flagged » par le gouvernement de Lalyans Lepep en début d’année dans le cadre de l’opération « netwayaz » post-électoral.
Le défilé de cadres de la RDA, des responsables du ministère de l’Infrastructure publique de même que des consultants engagés ne devra débuter qu’en septembre, le temps que les limiers du Central CID, sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, ne compilent la Documentary Evidence nécessaire.