C’est à un véritable réquisitoire contre le primeministership de sir Anerood Jugnauth que s’est livré le leader de l’Alliance Ptr/PMSD hier soir au meeting de clôture de la campagne à Port-Louis dans le cadre des élections municipales. Navin Ramgoolam a été accueilli en triomphe à Rue Magon malgré l’heure tardive. Le Premier ministre a axé son intervention sur l’importance de connaître l’histoire politique contemporaine du pays, invitant les jeunes à s’intéresser particulièrement à la période de 1982 à 1985, qui a vu s’écrire, selon lui, « les pages les plus noires » de l’histoire du pays.
Navin Ramgoolam a commencé par saluer la mémoire de Sir Abdool Razack Mohamed sans lequel « pa ti pou ena lindepandans, pa ti pou ena liberte ». Puis enchaînant sur la période post-SSR, il déclare que le successeur de celui-ci à la tête du pays « ti kroir li ti enn empereur ». « Avan eleksion 82 li dir so pli gran satisfaksion si li vinn PM, se met SSR dan prison mem pou 5 minit ». En 83, poursuit-il, SAJ annonce la nomination de Kader Bhayat comme Deputy Prime minister, pour lui enlever ce poste 24 heures après avoir remporté les élections. « Li dir Bhayat sa se le pri a peye pou bann mizilman kinn vot kont li. »
Navin Ramgoolam a réitéré les mêmes allégations d’abus d’autorité proférées durant ses récents meetings contre SAJ en sa capacité d’ex-PM et ministre de l’Intérieur, dont celle concernant un prétendu « piège contre Jean-Claude de l’Estrac visant à le faire passer pour un trafiquant de drogue » ; contre Gaëtan Duval que, selon lui, SAJ voulait « met pendi », provoquant la démission de l’ancien ambassadeur Teelock sur une question de principe ; les « intimidations » contre la presse et des rédacteurs en chef, dont Bhikramsing Ramlallah et Kher Jagatsingh « ki li ti ferm zot lagazet », Yvan Martial traité de « lisien », Philippe Forget « kinn bizin kit l’express ale », les menaces de « tir kout bal kont Boodhoo ». Il a relaté les circonstances entourant le retrait de la circulation des billets de Rs 20 portant l’effigie de Lady Jugnauth « parski so laniverser le 20 avril. Li fer kado so fam ar ou kash ! » Et comment ayant eu l’information de la sortie du billet de banque alors qu’il était leader de l’opposition, il avait « signe enn papie met mo lakaz an garanti » avec l’hebdomadaire Week-End en cas de diffamation si la nouvelle s’avérait fausse, alors que selon lui, Paul Bérenger « pa ti le ale » pour demander à SAJ de revenir sur sa décision. Pour dire enfin que l’impression de ce billet avait coûté au pays la bagatelle de Rs 60 M. « Zordi sa mem dimoun Bérenger dir “ansam nou pou redres pei”. Al dir plito ki kan zot ti dan minispalite, ena konseye ti pe organiz diné a Rs 150 000 ; servicing loto lemer ti pe kout Rs 400 000 »…
Plus tôt, Navin Ramgoolam devait rappeler qu’en 83 toujours, « SAJ ti dir lor télévision “Mo pli gran satisfaksion se met Ptr dan poubel de listoir” ». Mais, rappelle Navin Ramgoolam, « dan mo lavenn ena disan liberater lil Moris. Lot kote mo nana (grand-père maternel) ti enn kalipa ; abe si to le lager, vini nou lager ».
Le leader du Ptr a aussi commenté les allégations de Cehl Meeah contre le ministre des Administrations régionales, disant que « ziska zordi mo pa konpran kifer linn koz menti lor Hervé Aimée. » Il affirme avoir, alors qu’il était leader de l’Opposition, défendu et témoigné en faveur de Cehl Meeah en Cour lorsque « SAJ ti zet li dan prizon » et que celui-ci y avait subi des actes de brutalité. « Zordi li pena dignité ». Au sujet de la Palestine, après son accession comme pays observateur à l’ONU, le PM a reproché à Paul Bérenger de toujours en faire mention du drame palestinien à l’occasion de la fête Eid, alors qu’aucun représentant n’avait été envoyé aux funérailles de Yasser Arafat. Il a annoncé l’érection d’un monument pour marquer l’arrivée des premiers musulmans à Maurice.