La finale des Championnats Sealegs s’est tenue hier au Dodo Club et opposait les Western Cowboys face aux champions en titre les Highland Blues. La confrontation entre les deux équipes commencent à devenir un grand classique du rugby local et depuis l’an dernier la formation de la ville lumière a mis fin à l’hégémonie de celle de l’ouest. Un très beau public avait fait le déplacement tout en bravant le froid de Curepipe, pour assister à cette joute d’anthologie entre deux clubs qui se connaissent parfaitement…et on peut dire qu’ils n’ont pas été déçus.
Le match a été palpitant avec deux équipes qui se sont données à fond, les contacts étaient virils mais dans le respect de l’adversaire avec un final époustouflant et un scénario à la Hitchcock. Tout était réuni pour un très grand soir de rugby. Au coup d’envoi de la rencontre c’était les Western Cowboys qui se sont montrés les plus entreprenant. Plus percutants, plus dynamiques ils se sont vite installés dans la moitié de terrain des Highland Blues. De plus, les joueurs de l’Ouest étaient très dominants dans la mêlée faisant parlé la puissance de leur deuxième et troisième ligne. Cependant petit à petit les Blues commençaient à rentrer dans la rencontre et ses joueurs plaçaient quelques contre-attaques très dangereuses.
On assistait à un véritable combat de gladiateur. Les défenses étaient très compactes et avec le terrain détrempé le ballon était devenu très glissant. Les rugbymen commettaient beaucoup de fautes de main et c’est les botteurs des deux équipes qui se mirent en évidence. Le tournant de la première mi-temps sera néanmoins sans le conteste le carton jaune pour un joueurs de Blues pour un placage haut sur son vis à vis. Ils allaient être obligés d’évoluer à quatorze pendant dix minutes. Les Cowboys n’en demandaient pas tant et c’est sans surprise qu’ils prirent l’avantage au score. Au retour des vestiaires cependant, les Highland Blues allaient affichés un visage beaucoup conquérant. Poussés par leur public, ils prirent le taureau par les cornes et c’est au bout d’une attaque rondement menée que Laurent Bourgault va inscrire le premier essai de la rencontre.
La foule était en délire. Il faut dire que les Curepipiens s’étaient déplacés en masse pour soutenir leur équipe fétiche qui évoluait à domicile. Les Western Cowboys étaient assomés. Ils commençaient à subir les assauts de leur adversaire. Les Highland Blues menaient par 16 à 9. Les carrottes semblaient déjà cuites mais les grandes équipes ne meurent jamais. En effet, la formation de  l’Ouest puisait dans ses ressources et après une très bonne récupération de balle Loic Leclair marquait l’essai de l’égalisation. Mieux encore grâce à une pénalité transformée, elle pris l’avantage dans les derniers instants du match 19 à 16. Les Cowboys pensaient avoir fait le plus dur à cet instant, mais c’était sans compter l’abnégation des Highland Blues. Dans les ultimes secondes du match ils ont obtenu et leur botteur n’a commis aucune erreur. Le temps réglementaire épuisé, les deux formations étaient à égalité, et on a eu droit aux prolongations; deux mi-temps de dix minutes chacunes.
La fatigue était visible sur le visage de tout un chacun, mais tous les joueurs ont fait preuve d’une grande volonté et c’est certainement cette envie de bien faire qui les ont permis de dépasser leur limite. Les chocs faisaient de plus en plus mal, les organismes souffraient énormément après 80 minutes très intenses. Le jeu avait perdu de sa fluidité et c’était surtout au courage que carburait les rugbymen. Au final le dernier mot est revenu aux Highland Blues qui ont inscrit une pénalité pour prendre l’avantage, 22 à 19 ce qui allait être le score final de la rencontre. Les supporteurs des Blues étaient aux anges certains d’entre eux n’hésitaient pas à envahir le terrain pour communier avec leurs héros du jour. Les deux formations se sont montrées très vaillantes, mais c’est la dure loi du sport; il faut un vainqueur et un vaincu.
Le coach des Western Cowboys étaient quelques peu déçu pas par la performance de ses protégés, mais surtout par le résultat final.  » C’est le jeu et on ne peut rien y faire. Il faut un gagnant et un perdant. C’est regrettable on encaisse un essai suite à une petite incompréhension et je pense que c’est ce qui a fait basculer le match. C’est cruel de perdre sur le fil encore une fois mais je dois saluer mes joueurs qui ont tout donner, » a déclaré Daniel Maigrot  des Cowboys.  Son homologue des Highland Blues, Benoît Lamusse était beaucoup plus éuphorique dans ses propos:  » Je crois bien que c’est la première fois qu’on a des prolongations pour une finale de rugby à Maurice. C’est dire que la victoire a été difficilement acquise. C’était une rencontre très tactique. Il est auss intéressant de noter que les deux équipes étaient composée de très jeunes joueurs ce qui est très prometteur. Je pense que ce qui a fait la différence c’est surtout le fait qu’on jouait à la maison et qu’on possède un banc beaucoup mieux fournis. Je remercie mes joueurs pour leur persévérance et leur volonté et surtout pour ce beau match de rugby. « 
La finale féminine quant à elle s’est avérée être une affaire entre club du nord . En effet les Pirates Chicks 1 ont battu leur coéquipières du Pirates Chicks 2 sur le score de 4 à 0. A noter qu’en féminin les joueuses évoluent sous le format du touch rugby et qu’un essai équivaut à un point. Ian Jacques entraîneur intérimaire des Pirates Chicks 2 n’a pas caché sa joie suite à la performance de ces joueuses.  » C’est une jeune équipe avec un gros potentiel. L’an dernier cette même équipe avait fini dernière dans le championnat. Cette seconde place et le fruit d’un travail acharné qui est à mettre à l’actif des filles. Je suis très fier d’elles. Malheureusement, je pars pour des études prochainement mais j’espère que le bon travail se poursuivra, » a-t-il conclu.