Le Highland Blues CSSC a remporté vendredi la ligue de Rugby Union Mauritius (RUM) en battant les Western Cowboys sur le score étriqué de 17 à 15 à Riverland, à Tamarin. Un match à rebondissements, qui a tenu le petit public en haleine. Retour sur la rencontre qui a sacré Highland Blues CSSC pour la première fois de son histoire.
D’un côté, les Western Cowboys, qui ne partaient pas favoris mais qui croyaient en leurs chances. De l’autre, les Blues, grands favoris, qui ont tout raflé cette saison. En première mi-temps, les Cureppipiens réalisaient deux pénalités et un essai, ce qui leur offrait un léger avantage. Mais les Cowboys, n’étant pas dépourvus de moyens, ont résisté, jusqu’à prendre l’avantage.
« À bien y voir, on a souffert », avouait, malgré la victoire, Benoît Lamusse, coach des Blues. Il a raison de voir les choses sous cet angle. Ils ont couru après le score pendant quasiment tout le match. « En première mi-temps, nous avons souffert, en deuxième, nous n’avons pas tellement repris du poil de la bête. »
Toujours est-il que les deux équipes se sont livré un chassé-croisé, se rendant coup sur coup. L’arbitre de la rencontre renvoyait les deux équipes aux vestiaires avec un avantage aux Cowboys, qui menaient alors 9-7. Au retour, les Cowboys maintiennent prennent l’avantage, en se fiant à Matthieu Motté pour porter le danger dans le camp adverse.
Mais entre-temps, les Blues, portés par leur capitaine Jean-Philippe Montocchio, ne baissaient pas les bras. Une pénalité, et les Curepipiens se retrouvaient devant, 10-9. Le tournant du match ? Pas vraiment.
Au lieu de se laisser déstabiliser, les Cowboys repartaient à l’assaut. Une pénalité plus tard, ils menaient 12-10. « Nous avons abordé le match sans être favoris. La rencontre s’est jouée à pas grand-chose », concédait pour sa part Daniel Maigrot, coach des Western Cowboys.
À quelques minutes de la fin, les Cowboys avaient déjà la main sur le trophée. À 15-10, seul un coup du sort pouvait priver les protégés de Daniel Maigrot d’un trophée cette saison. Mais le sort — et la chance — allait s’en mêler.
Dans les ultimes secondes de la rencontre, les Blues, par l’entremise de Jean-Philippe Montocchio, marquait un essai au courage. Curepipe recollait donc au score. À 15-13, il fallait seulement une transformation pour que le bonheur soit parfait. Jean-Philippe Montocchio, en capitaine exemplaire, prenait son temps. D’un coup de pied puissant, il mettait fin à la tension et au suspens qui régnait sur Riverland.
« Nous ne pouvons pas avoir de regrets. C’était eux les favoris », lâchait Daniel Maigrot, déçu après la rencontre. « Si nous n’avions pas raté deux ou trois pénalités, je pense que le résultat aurait été différent. » Mais il conçoit également que les Curepipiens étaient trop forts. « Ils ont tout gagné cette saison. C’est logique qu’ils partaient avec la faveur des pronostics. »
De l’autre côté du terrain, c’était le contraste total. « Oui, nous avons réalisé une belle année, avec un Grand Chelem à la clé. » Pour cela, il s’est appuyé sur un effectif bâti depuis quelques années. « Je voudrais remercier des joueurs tels que David Gervel, Jérôme Ferrat, Ian Baille et Jean-Philippe Montocchio. C’est grâce à eux que nous avons tenu », faisait ressortir Benoît Lamusse.
Et un petit mot du capitaine, qui a libéré son équipe. « Quand on a la balle de match, on ne pense qu’à une chose : ne pas botter en touche. » Mais aussi, une autre phrase pour remercier ses coéquipiers. « Sans eux, je ne suis rien. Merci à l’équipe pour cette belle saison », sourit-il.