Le rugby a effectué son retour aux Jeux des îles

Avec le projet de démocratisation, la Rugby Union Mauritius (RUM), a connu une année très mouvementée. La montée en puissance des nouveaux clubs a eu comme conséquence que cette fédération a pu tant bien que mal respecter les programmes mis en place. Néanmoins, si les jeunes rugbymen ont pu surprendre plus d’un, la fédération locale a dû faire face à une vague de démissions qui l’a freiné sur plusieurs aspects, surtout sur le plan de la transparence.

Il demeure évident que le rugby à 7 a polarisé l’attention cette année, d’autant qu’après 40ans, cette discipline était au programme d’une édition des Jeux des Iles de l’océan Indien. A l’arrivée, Maurice a décroché une médaille de bronze, qui était certainement attendue, malgré la forte concurrence des Malgaches et Réunionnais médaillés d’or et d’argent respectivement. Dans sa quête de promouvoir la relève, le Directeur technique national, le Français Jean- Baptiste Gobelet a puisé dans la sélection U18, médaillée de bronze aux Jeux d’Afrique de la Jeunesse en 2018. Malgré leur jeune âge, ils ont su se défendre honorablement aux côtés des anciens. Toutefois après cet événement, qui était sans nul doute la compétition majeure pour la RUM cette année, plusieurs rugbymen ont raccroché les crampons. Ce qui a limité de choix du DTN dans les groupes qui ont été constitués après les JIOI.

Au niveau des jeunes, les sélections U16 et U18 ont remporté tous deux les médailles de bronze lors du tournoi de l’Association Rugby de l’océan Indien (AROI) à Madagascar en début d’année. D’autres compétitions ont également permis à certains joueurs à l’instar de Romain Rivalland, Laurent Lagesse ou même Riddick Bergicourt. Ils se sont ainsi épanouis à un échelon supérierur malgré leur jeune âge.

Chloe Bax a été la révélation cette année au niveau féminin

Cette discipline a également connu un autre essor à Rodrigues, surtout après les discussions entre la RUM et la Commission de la Jeunesse et des Sports de Rodrigues. Les Rodriguais ont ainsi pu constituer une sélection afin de disputer des matches contre les trois clubs de Maurice, soit les Highland Blues, le Western Cowboys et le Northern Pirates. Il est également à noter que lors de la défaite mauricienne au cours des éliminatoires de la Coupe d’Afrique de rugby à XV  tenue en début de mois face au Sénégal sur le lourd score de 0-63, le groupe constitué par  Jean-Baptiste Gobelet était constitué majoritairement des éléments venant de Rodrigues. Reste que la composition de cette sélection a fait couler beaucoup d’encre, si on en croit les dires du président de la RUM, Kevin Venkiah. « Les échos qui me sont parvenus sont négatifs. La présence de certains joueurs n’a pas été appréciée. Ce qui est dommage car nous luttons pour que cette discipline soit démocratisée dans tous les facteurs. Pour ma part, c’est une immense fierté que de compter sur les Rofdriguais car ils sont supérieurs physiquement aux Mauriciens. Il nous faut mélanger l’aspect technique et physique afin que nous puissions compter sur une équipe compétitive qui a à cœur de mouiller le maillot pour le pays ».

Au niveau féminin, Maurice a du mal à se faire un nom, car les sélections n’arrivent toujours pas à s’imposer. Une situtation compréhensible, vu le manque d’éléments. Tout de même, des joueuses telles queChloe Bax, ont su tirer leur épingle du jeu en se signalant lors des sorties internationales. « Pour 2020, nous voulons miser encore plus sur les jeunes. Ce sera une année très chargée mais nous avons une vision précise sur ce que nous voulons faire sans oublier l’objectif de Paris 2024, que nous nous sommes fixés à la RUM », fait ressortir Kevin Venkiah.

Reste qu’au niveau fédéral, le comité directeur de la RUM a dû faire face à une vague de démissions. Premièrement, celle de l’ancien Directeur général, Pravin Roodur, suivi de celle de l’entraîneur national, le Rodriguais Patrice François et de Jérôme D’Unienville, membre du comité.  Toutefois, après une certaine période, le premier nommé est revenu sur sa décision alors que l’ancien coach national, a quant à lui rejoint une école dans l’Ouest du pays. « Certes que nous étions dans le dur, après les démissions de Pravin et de Patrice. J’ai été surtout déçu de par l’attitude de ce dernier, alors que dans le cas de Jérôme D’Unienville, je préfére ne pas m’étendre sur son cas », conclut le président de la RUM. La saison 2020 devrait apporter plus de stabilité au niveau du comité directeur.