Après avoir passé presque trois ans et huit mois en détention préventive, Vishwanaden Soondrum, qui a retenu les services de Me Sanjeev Teeluckdharry, a été remis en liberté conditionnelle. Il est l’un des cinq suspects dans l’affaire du meurtre de Marie Florise Ross, une femme qui a été tuée chez elle, à la rue Ratsitatane, Plaisance, Rose-Hill, le 13 juin 2009.
C’est la magistrate Nalini Senevrayar-Cunden, siégeant à la Bail and Remand Court (BRC), qui a rendu ce ruling vendredi dernier, en fixant les conditions suivantes : versement d’une caution en argent d’un montant de Rs 100 000 et d’une deuxième du même montant sous la forme de contrat de propriété ainsi qu’une reconnaissance de dettes pour un montant de Rs 500 000.
Vishwanaden Soondrum, 35 ans, un habitant de Cité Beau-Séjour, aussi connu sous le nom de Gessen, a déjà comparu dans le cadre d’une enquête préliminaire, de même que les quatre autres suspects. Ils étaient tous accusés d’assassinat. Ceux-ci sont 1) Dick Holden Gordon Ross, 55 ans, suspect N°1, un ingénieur à la retraite, ex-époux de la victime et avec laquelle il s’était séparé et qui habite à Flic-en-Flac ; 2) Marie Stéphanie Virginie, alias Jennifer, 35 ans, qui ne travaille pas et n’a pas d’adresse résidentielle ; 3) Vishwal Thodda, 33 ans, qui travaille à son compte et qui habite Belle-Rose ; et 4) Joseph Ignace Arlando, 55 ans, alias Joe, vendeur de poisson habitant Trèfles. Tous les cinq ont été déférés à la Cour d’Assises, mais, jusqu’ici, le DPP n’a logé aucun procès contre quiconque à cette instance.
Présentée devant la BRC le 8 février dernier, la motion de remise en liberté de Soondrum n’est en fait pas la première. La Cour avait rejeté la précédente le 11 décembre 2012.
Dans son ruling, la magistrate avait rappelé que le suspect avait avoué, selon le témoignage du sergent Bowany, être entré dans la maison de la victime avec deux autres co-accusés et avoir tué Florise Ross. Le sergent Bowany avait ajouté que la fille de la victime était un témoin clé dans cette affaire étant donné qu’elle avait, selon la police, vu les manoeuvres des suspects. De plus, a-t-il indiqué, Soondrum et deux autres présumés complices auraient tenté de quitter le territoire mauricien pour se rendre à Madagascar. Il a également dit ne pas savoir quand le ou les procès seraient logés en Cour d’Assises.
Dans son ruling, la magistrate a considéré comme justifiées les appréhensions de la police, selon lesquelles les risques que le suspect disparaisse dans la nature et qu’il tente d’interférer avec la fille de la victime étaient réels.
Selon l’enquête policière, ce qui se serait produit le soir du crime au domicile de Florise Ross, telle que décrite dans la version d’Arielle Dubois, 21 ans, fille de la victime, permet d’établir qu’il était aux alentours de 21 h 30 le samedi 13 juin 2009, quand quelqu’un a sonné à la porte d’entrée de la maison. Lorsqu’elle a été ouvrir, il y avait une femme sur le pas de la porte. Dès qu’elle a tenté de s’enquérir de quoi il s’agissait, trois hommes encagoulés ont fait irruption à l’intérieur de la maison et l’ont ligotée rapidement à une chaise. Un quatrième homme, également masqué, a, lui, concentré toute son attention sur Florise Ross, et l’a obligée à entrer dans une des chambres de la maison et lui a asséné plusieurs coups. Les cris des deux femmes devaient, cependant, alerter le voisinage.
Malgré les tentatives de résistance de Florise Ross, elle a été étouffée à l’aide d’un oreiller (smothering asphyxia), selon les conclusions du Dr Maxwell Monvoisin, Police Medical Officer (PMO), qui a pratiqué l’autopsie. Lorsque les secours sont arrivés, il était déjà trop tard. Les quatre agresseurs et la femme avaient déjà pris la poudre d’escampette. Des voisins et la police ont dû enfoncer la porte principale de la maison, tandis que la jeune fille de 21 ans a tenté, pour sa part, de ramper jusqu’à la chambre de sa mère. Lorsque la porte de la chambre dans laquelle se trouve le cadavre de Florise Ross a été forcée, ceux présents se sont tous rendus à l’évidence qu’elle a été tuée.
Au fil des jours suivants, les enquêteurs ont tenté de démêler l’écheveau. Ce qui les ont permis d’arrêter les suspects.