Le groupe avait signé un contrat pour trois albums avec la maison de production, mais au bout d’une année, il en a sorti un autre ailleurs. De fait, Nasty Black était poursuivi pour rupture de contrat. En Cour intermédiaire, le 3 septembre dernier, les deux parties sont cependant parvenues à un accord. Le groupe a présenté ses excuses au producteur, qui les a acceptées à la place des Rs 500 000 réclamées initialement.
En 2010, le groupe à succès Nasty Black, connu notamment pour ses morceaux Cécile et Resonnman tambour, entre autres, a signé un contrat avec Geda Music pour la réalisation de trois albums. Seul un album, en l’occurrence Resonnman tambour, a pu être produit de cet accord car, quelque temps après, le groupe a décidé de sortir un nouvel album, Pep Deracine, sous un autre label.
Dans sa plainte rédigée par Me Sookia, Gérard Louis, le directeur de Geda Music, explique que cette situation lui a porté préjudice. En premier lieu, il souligne qu’il y a eu “rupture de contrat” de la part du groupe. Ensuite, il estime que c’est sa réputation « qui en a pris un coup », car, dans les milieux, on pourrait croire que c’est lui qui n’a pas respecté ses engagements envers les artistes. Pour ces raisons, Geda Music réclamait Rs 500 000 de dommages à Nasty Black, représenté par Jean Christopher Goolamsing.
La Mauritius Society of Authors (MASA) était aussi mise en cause, car le plaignant dit l’avoir averti que le groupe était sous contrat avec lui et qu’il ne fallait pas lui donner l’autorisation nécessaire pour un nouvel album. Le plaignant affirme même avoir déposé une copie du contrat à la MASA, comme il le fait à la sortie de chaque album. De ce point de vue, il estime que la société était déjà au courant de l’engagement du groupe envers lui.
Mais en Cour intermédiaire, le 3 septembre dernier, la maison de disques et le groupe ont décidé de parvenir à un accord afin de mettre fin au litige. Nasty Black a donc présenté ses excuses à Geda Music pour les préjudices causés, et ce dernier les a acceptées. La MASA, quant à elle, a été disculpée. Sollicité pour une réaction, Gérard Louis se dit « satisfait du dénouement » de cette affaire. « J’avais décidé d’aller en cour pour une question de principe, pas pour une question d’argent. C’est pour cela que j’ai accepté les excuses du groupe. Ma réputation n’a pas de prix. J’espère aussi que cela servira d’exemple aux artistes mauriciens. »
Il faut savoir en effet que les ruptures de contrat sont des affaires courantes dans le milieu musical à Maurice. Cependant, il est rare que de tels actes donnent lieu à des actions légales. Geda Music était représenté par Me Mikash Hassamal tandis que le groupe Nasty Black, lui, était défendu par Me Balgobin-Bhoyrul. Me Steven Sauhoboa représentait les intérêts de la MASA.