Trafiquant de drogue depuis six ans, celui que nous appellerons Ryan cible principalement des jeunes. Il utilise ces derniers pour écouler sa marchandise dans les établissements scolaires et dans les quartiers où il mène ses activités. Des enfants et des adolescents de 10 à 14 ans ou plus ont ainsi été embrigadés dans son réseau pour tromper la vigilance de la police. Proposant drogues synthétiques, brown sugar, subutex, gandia et autres, il souligne que son business se porte de mieux en mieux, avec une demande qui est en hausse.
“Je trouve ça très excitant de recruter des jeunes ou des enfants pour avoir des petits “jockeys” à mon service. Se enn mari yen ki mo gagne. Ne dit-on pas que plus on est nombreux plus on est fous ?” Sans aucun détour, Ryan, trafiquant de drogue de 23 ans, nous parle de la nouvelle approche qu’il a développée depuis une année. Dans le business depuis ses 17 ans, il a élargi son réseau de revendeurs en recrutant des enfants d’à peine dix ans pour faire “prospérer” son trafic. “Les adolescents, je les embarque vers 14 ans.”
En les mettant en première ligne, il évite de s’impliquer directement, car il sait que ses jeunes recrues seront difficilement identifiées par la police. Mais c’est également une façon de se faire une autre clientèle. Plusieurs de ces petits dealers vendent les produits auprès de leurs camarades de collèges et dans les lieux fréquentés par les jeunes. Ryan cite les gares routières et autres lieux de rassemblement. Selon lui, “il est très compliqué d’établir un profil de trafiquant chez les jeunes. Avant de les repérer, enn ta lavant kapav fini fer gras ar zot”.
D’abord, un peu hésitant, craignant que d’autres ne copient son “secret de fabrication”, Ryan accepte de nous révéler certaines étapes du recrutement. “Pour les jeunes, je me rends dans les endroits qu’ils fréquentent le plus : gares, night-clubs, centres commerciaux, entre autres. Pour les plus petits, il faut être plus prudent et plus patient. Mais rien ne peut m’arrêter lorsque j’ai posé mon regard sur un profil potentiel.”
Avant d’approcher les enfants et adolescents, Ryan met un point d’honneur à être habillé avec des vêtements et des baskets de marque, d’avoir toujours un portable dernier cri, des bijoux ou des montres;, toute la panoplie pour servir d’appât. “Il faut toujours avoir des cigarettes à portée de main, surtout les grandes marques, et quelques canettes de bières. C’est avec ça que l’on brise la glace.”