Le ministre de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, a estimé que Maurice doit pouvoir diminuer ses importations qui atteignent 70 % dans l’alimentation. Cependant, il avoue qu’on ne peut les réduire à zéro tout de suite car nos moyens et nos espaces sont limités, les intrants sont chers et le pays connaît un manque de main-d’oeuvre. « Mais, il nous faut commencer à le faire », a-t-il déclaré en réponse à une question du Mauricien, lors d’une conférence de presse, hier après-midi, sur les activités qui marqueront, à partir de vendredi, la Journée internationale de l’Alimentation.
« Il y a un grand paradoxe : d’un côté, Maurice est un pays à vocation agricole et de l’autre, elle est un net food importer. Environ 70 % de notre alimentation est importée au coût de Rs 25 milliards annuellement. Il nous faut donc pouvoir diminuer nos importations », a lancé le ministre. Heureusement, a-t-il ajouté, Maurice est autosuffisante à 100 % en légumes frais, en poulet et en oeufs. « Nous sommes un gros consommateur de viande mais nous n’en produisons que 5 % seulement. Nous sommes un gros consommateur de lait mais nous n’en produisons que 12 %. Augmenter la production de la viande et du lait est un travail de longue haleine. Nous ne pouvons le faire en deux ans seulement », a fait ressortir le ministre Faugoo.
S’agissant de la pomme de terre, le ministre a dit que la production locale est passée de 40 % à presque 100 % de la consommation du pays cette année. « Pourquoi ne pouvons-nous pas reproduire cette réussite avec les oignons et l’ail également ? », s’est interrogé M. Faugoo. Il a ajouté : « Pa dir gouvernma pa fer naryen », avant d’élaborer sur les nombreux plans d’aide accordés par l’État aux agriculteurs et autres éleveurs ces dernières années. Pour le ministre, la sécurité alimentaire signifie qu’on devrait pouvoir produire et consommer localement. Le message qu’il adresse aux Mauriciens est le suivant : « Diminuons nos importations dousma, dousma. » Il s’interroge également sur la réticence des entrepreneurs mauriciens à se lancer dans la transformation des produits. « En sus du marché local, il y a aussi quelque un million de touristes qui viennent à Maurice chaque année et qu’il faut nourrir. Mais, il faut leur offrir des produits de grande qualité », a-t-il déclaré.
À une autre question du Mauricien portant sur le projet APMIS (Agricultural Production and Marketing Information System), lancé par le ministre, lui-même, en novembre 2010 et qui selon les informations, ne serait pas opérationnel, le ministre a dit ne pas être au courant mais qu’il va le vérifier.
Au sujet de l’incendie qui a ravagé un hôtel touristique dimanche dernier, M. Faugoo a dit ne pas connaître son origine exacte. « Certains parlent de bush fire, d’autres d’un incendie en provenance d’un champ de cannes », a-t-il répondu. Poursuivant, il a expliqué que brûler la canne de manière planifiée et contrôlée est autorisé par le ministère car il est à l’avantage des producteurs. Mais, a-t-il précisé, le ministère décourage cette pratique car c’est une condition importante que l’Union européenne utilise comme indicateur avant de débourser les fonds sous le projet de réforme de l’industrie sucrière. « Il y a aussi les actes criminels et accidentels. Nous faisons de notre mieux pour diminuer ce problème mais s’il faut revoir notre stratégie, nous le ferons », a-t-il ajouté.