Le Premier ministre a profité de son séjour à Londres la semaine dernière pour évoquer le sujet de la réforme électorale avec des experts britanniques. Selon le communiqué du conseil des ministres, Navin Ramgoolam a assisté à une réunion avec une équipe de consultants internationaux afin d’aborder les propositions actuelles visant à une réforme du système électoral et de s’assurer que celles-ci apportent justice et équité.
Le gouvernement et l’opposition sont d’accord sur tous les points concernant ladite réforme, exception faite du Best Loser System. Paul Bérenger a, à plusieurs reprises, demandé au Premier ministre de présenter un texte de loi sur ce sujet au Parlement et de décider une fois pour toutes s’il se propose de maintenir ou d’abolir le présent système.
Navin Ramgoolam a rendu compte de sa participation à la conférence internationale sur la Somalie organisée à l’initiative de son homologue britannique David Cameron à la Lancaster House, à Londres, le 23 février. Navin Ramgoolam a expliqué qu’une cinquantaine de pays étaient représentés, comprenant 16 chefs d’État et de gouvernement, ainsi que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Catherine Ashton, et Alain Juppé, les ministre français des Affaires étrangères.
Feuille de route
Les objectifs de la conférence étaient d’aborder plusieurs questions relatives à la Somalie et intéressant la région et la communauté internationale. Mais aussi de discuter d’une feuille de route pour la reconstruction et le développement de ce pays et trouver des solutions pour résoudre le problème de la piraterie d’une manière coordonnée.
Dans son discours lors de la conférence, le Premier ministre a estimé essentiel que les autorités somaliennes montrent leur détermination et prennent des mesures audacieuses et décisives pour une prompte mise en oeuvre de la feuille de route adoptée en septembre 2011. Au sujet de la piraterie, il a réitéré que Maurice a montré son engagement dans la lutte contre la piraterie. Il a aussi rappelé que notre pays est signataire d’un accord avec l’Union européenne pour le transfert de personnes soupçonnées d’actes de piraterie à des fins d’investigation, de poursuite, de procès et de détention à Maurice, ainsi que mis en place le cadre légal approprié à cet effet. Et d’ajouter que les mesures pour combattre ce fléau, dont l’impact négatif sur le commerce – outre les tragédies humaines – est estimé à quelque USD 9 milliards rien que pour l’année 2011, doivent être adoptées, d’autant que la sécurité maritime est la clé du développement économique de la région. Les problèmes de pillage des ressources halieutiques à travers la pêche illégale et le déversement de déchets toxiques doivent également être résolus, a-t-il ajouté.
Réserves mauriciennes
Lors d’une réunion que le Premier ministre a eue avec son homologue britannique, ce dernier a exprimé son appréciation profonde de l’engagement grandissant de Maurice dans les efforts internationaux pour combattre la piraterie dans l’océan Indien ainsi que pour le protocole d’accord signé entre Maurice et l’UE à cet effet.
David Cameron a également souhaité que notre pays signe un protocole d’accord avec le Royaume-Uni sur les conditions de transfert des personnes soupçonnées d’actes de piraterie ainsi que les biens saisis.
Navin Ramgoolam a cependant expliqué que Maurice ne peut signer cet accord à ce stade au vu des implications politiques et de sécurité. Une déclaration a été proposée par Maurice mentionnant qu’une fois ces questions résolues au niveau du gouvernement, le pays reviendrait vers le Royaume-Uni afin de poursuivre des discussions bilatérales formelles. Selon le Premier ministre, la partie mauricienne a informé les autorités britanniques que ces questions seront pleinement prises en considération dans un délai d’un mois lorsque les deux parties travailleront de concert en vue de conclure les négociations d’ici le 1er juin.
La déclaration a été signée par M. William Hague, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth, et par Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international.