Un terrain en friche près de la plage publique de Sable-Noir serait le lieu de prédilection des toxicomanes, selon les habitants de la région. « Ils attendent la tombée de la nuit pour s’adonner à leurs activités louches », indique Keven Chetty, président des Forces Vives de Sable-Noir. Ce dernier fait part également du mécontentement des habitants qui attendent la fin des travaux de construction du pont avec impatience, craignant pour leur sécurité et leur vie.
« Nous avons un gardien sur la plage, mais il ne travaille que durant la journée. Aucune sécurité n’est assurée sur la plage le soir », souligne Keven Chetty. Pourtant, il affirme que les habitants ont déjà porté plainte auprès de la police, leur demandant également de multiplier les patrouilles. Il y aurait même des sans domicile fixe (SDF) qui viendraient squatter ces terrains en friche. Lors de la campagne de nettoyage des plages initiée par le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, le 4 avril dernier, les « abris » de ces squatters avaient été détruits.
Pour Keven Chetty, il y a urgence à assurer la sécurité du site et également défricher le terrain en face de la plage. « La plage est de plus en plus fréquentée. Auparavant, seuls les habitants de la région venaient passer un moment en famille, mais depuis quelque temps des personnes viennent de loin et nous avons même des touristes ». Pour cause, nombreux sont ceux qui sont intéressés par la particularité de cette plage qui est la seule à avoir du sable noir et la seule également à se situer dans une ville.
Les habitants déplorent aussi la lenteur des travaux. « Depi 2013, zot ankor pe aranz pont. Zot ti demarer lente dernière mai sot pa pe travay régulièrement et pena assez zouvrier ki pe travay. Akoz sa travay-la pa pe avance », se lamente Keven Chetty. Depuis les inondations de 2013, les habitants de Sable-Noir sont dans la crainte perpétuelle qu’un nouveau drame s’abatte sur eux en cas de grosses averses. Les travaux de construction du pont dans le quartier ont démarré l’année dernière, mais il semblerait, selon les dires des représentants de la région, qu’ils prendraient trop de temps.
De plus, le canal d’évacuation qui transite sous le ponton, qui forme un goulot d’étranglement aux abords des maisons, risque de déborder en raison de son étroitesse, estiment les habitants. « La lenteur des travaux cause beaucoup de désagréments. Il y a de l’eau stagnante dans le canal, ce qui représente un risque de prolifération de moustiques. Et nous faisons aussi face à une pollution de l’air avec toute la poussière qui se dégage de cette zone de construction et se répand dans les maisons et bâtiments avoisinants », souligne Keven Chetty.
Le président des Forces Vives de Sable-Noir espère ainsi voir les travaux se terminer au plus vite, de même que le défrichage des terrains autour de la plage. Ayant exprimé le souhait, auprès de Raj Dayal, de construire un parcours de santé autour de la plage, Keven Chetty espère voir ce projet se concrétiser au plus vite. Il s’est ainsi enquis auprès du ministère des Terres et du Logement vendredi dernier, indique-t-il, pour savoir à qui appartient le terrain afin de pouvoir démarrer le défrichage et les travaux de réaménagement.