Le « non » catégorique du ministre de l’Environnement Raj Dayal à leur demande de moratoire a jeté un froid chez les fabricants de sacs en plastique. La quinzaine d’usines engagées dans ce secteur pourrait en effet procéder à des licenciements dans les jours à venir. La Plastic Products Manufacturers and Users Association se réunira la semaine prochaine pour décider de la marche à suivre.
Leur demande de moratoire de six mois a buté sur un « non » catégorique de Raj Dayal. Le ministre de l’Environnement estime en effet que l’interdiction des sacs en plastique relève d’une « urgence environnementale ». La quinzaine de fabricants regroupés au sein de la Plastic Products Manufacturers and Users Association estiment ainsi que des licenciements seront « inévitables » dans ce secteur. L’association, qui se réunira la semaine prochaine, déterminera de la marche à suivre et donnera une indication sur les mesures immédiates pour répondre à la perte causée par l’interdiction des sacs en plastique.
Abdool Raheeman Peerbocus, qui emploie 12 personnes dans son usine à Riche-Terre, avance que cette nouvelle mesure est « un coup dur » pour le secteur. « Nous ne sommes pas contre, mais cela a été mal planifié. » Selon lui, les usines n’auront d’autres choix que de procéder à des licenciements. « Des normes ont été publiées pour la fabrication des sacs biodégradables, mais nous n’avons pas les matières premières sur place. »
En attendant que les usines trouvent des solutions à ce contretemps, Ken Lim Sam, président de la Plastic Products Manufacturers and Users Association, déclare que 150 emplois directs sont concernés. « C’est un chiffre que nous avons obtenu après un “survey” auprès de nos membres. Mais il y a sans doute également les emplois indirects et nous n’avons pas de relevés à ce sujet. » Comme Abdool Raheeman Peerbocus, Ken Lim Sam estime que le manque de matières premières pour les nouveaux sacs sur le marché local représente un gros obstacle. « Comme on ne sait dans combien de temps celles-ci seront disponibles, certaines usines se verront sans doute contraintes à entrer en chômage technique. »
Par ailleurs, depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure, les supermarchés et autres grands commerces ont remplacé les sacs en plastique par des sacs en papier. Mais des marchands rencontrés dans la rue et au marché ne cachent pas qu’ils doivent écouler leur stock de vieux sacs. « Cela a été difficile de tout écouler en décembre. D’ailleurs, nous ne savons même pas quels sacs exactement sont interdits. S’il y a des clients qui demandent un sac, on leur donne contre paiement. »
La loi prévoit une amende de Rs 10 000 pour toute infraction à l’Environment Protection Act. Cette loi prévoit également une exemption pour neuf types de sacs, à savoir : les rouleaux de sacs transparents pour les besoins alimentaires, dont les fruits de mer frais, les produits réfrigérés, la viande, la volaille; les sacs-poubelles; les sacs d’emballage où les produits sont scellés avant la vente sur le marché local pour l’exportation; les sacs à des fins agricoles; les sacs utilisés pour l’échantillonnage; les sacs pour le marché de l’exportation; les pochettes transparentes ne dépassant pas 300 cm; les sacs transparents utilisés par les passagers transitant par l’aéroport; et les sacs pouvant contenir les liquides, aérosols ou gels.