Même s’il n’est pas signataire du protocole de la Southern African Development Community (SADC) sur le genre et le développement, l’État mauricien souscrit à une série d’instruments régionaux et internationaux concernant les droits humains, telle la Commission on the Elimination of all forms of Discrimination Against Women (CEDAW), la Beijing Platform for Action (BPA) ou encore la Décennie de la femme africaine. C’est ce qu’a indiqué la ministre de l’Égalité des genres, Aurore Perraud, lors de l’ouverture d’un atelier de travail sur la « SADC Gender Mainstream Toolkit », à Quatre-Bornes, lundi, à l’intention des cadres supérieurs de son ministère.
Les cadres du ministère de l’Égalité de genres seront appelés à former les fonctionnaires affectés dans leurs départements. Le Protocol on Gender Development de la SADC a pour but de faciliter « l’empowerment » des femmes, éliminer les discriminations et oeuvrer pour l’égalité des genres en encourageant et harmonisant le développement et l’implémentation de lois, politiques et projets en ce sens. La « toolkit », conçue en 2009, a été mise en oeuvre pour la première fois en 2010. Les États membres de la SADC étaient appelés à dispenser des formations chez eux et développer un plan d’action. Cependant, « cette formation n’a pu être dispensée à Maurice pour des rations indépendantes de notre volonté », indique Elizabeth N. Kakukuru, de la Gender Unit Monitoring and Evaluation du secrétariat de la SADC.
Pour Aurore Perraud, cette formation arrive à point nommé. « On the 31st January, the 24th Summit of the African Union ended up with an urgent call for the empowerment of women in Africa, which is seen as a crucial step towards meeting the objectives of the continent’s 50-year Agenda 2063 ». Même si Maurice n’est pas signataire du SADC Protocol on Gender and Development, l’État a souscrit à d’autres instruments internationaux, a déclaré la ministre. Selon un préposé du ministère de l’Égalité des genres approché par Le Mauricien, Maurice n’est pas signataire de ce protocole « parce qu’il prône la discrimination positive, qui va à l’encontre de notre Constitution ».
Cet atelier de travail s’échelonnant sur cinq jours permettra aux cadres supérieurs d’identifier les “gender gaps” dans leurs départements. L’accent sera mis sur la dimension pratique. L’environnement de travail étant évolutif, Aurore Perraud souligne que « it is therefore important to have continuous capacity building to enable us to face up to all these new situations in a meaningful and effective manner. »
Elizabeth N. Kakukuru affirme que l’égalité des genres est un droit fondamental reconnu par la SADC et que « gender mainstreaming is a process of assessing the implications for women and men of any planned action including legislation, policies or programmes, in all areas and at all levels ». Elle explique : « It is a strategy for taking into consideration women and men’s, boys’and girls’needs, concerns, interests and experiences, and making them an integral dimension of the design, implementation, monitoring and evaluation of policies and programmes in all sectors so that they all benefit equally ». Elle concède cependant que la tâche est difficile à cause de résistances dans certains domaines.
La « SADC Gender Mainstream Toolkit » a pour but de renforcer la compréhension du concept de l’égalité des genres et des structures, standardiser et harmoniser les efforts sur le plan national, « guide gender mainstreaming interventions into regional integration agenda through the different sectors : checklists, exercises, activity profiles, etc » et faciliter des projets de formation pour sa mise en oeuvre.