Tenus pour historiques jusqu’au XVIIIe siècle, les récits bibliques ont, au siècle suivant, été rapprochés des légendes mésopotamiennes (mythe du déluge) ou égyptiennes (création par un dieu-potier).
La création est géocentrique (la terre en tant que centre de l’Univers) et offre des ressemblances avec la tradition mésopotamienne (récupérée sur les tablettes d’Ebla — 2500 av. J-C) selon laquelle Dieu créa l’univers en six jours. L’ordre des créatures vivant sur terre y est analogue : végétaux, poissons, reptiles, oiseaux, mammifères, humains…
Se fondant sur l’alphabet dit midrash de Ben Sira (750 – 950 AD), les nouvelles théories chromosomiques de Jean de Grouchy établissent l’existence d’une première femme, une étrangère nommée Lilith, avant l’arrivée d’Ève… Le terme ‘paradis’(paradeison) provient de la version grecque des Septantes.
Le récit du Déluge est, lui, lié aux grandes inondations des vallées du Tigris et de l’Euphrate (citées dans les tablettes d’Ebla). Selon le chercheur Morgan, les périodes pluviales dans le Moyen Orient datent du quaternaire, période des dernières glaciations (i. e quatre millions d’années).
Transmis sous forme de tradition orale, ces récits seraient devenus patrimoine pour le peuple hébreux (habiru ou ivri, trad : “venu de l’autre côté” – vers 2500 av. J-C). C’est l’époque coïncidant avec la première mention historique des hébreux, au contact avec la civilisation mésopotamienne, du fait que celle-ci était alors seule à disposer d’une écriture et de matériels capables d’enregistrer et de préserver de façon durable les événements jugés importants.
Les renseignements glanés ça et là s’entremêlent facilement, pour se confondre au fil des générations lors de la transmission orale des données. Autant que le contexte, les faits, anté-abramaïques surtout, échappent alors à l’entendement…
Le paradoxe veut que, par un concours des circonstances, alors que les documents originels, et strictement historiques, ont péri, c’est ceux, altérés et même remaniés avant d’être mis à l’écrit, qui ont été conservés pour faire foi et autorité, parce que assimilés à la liturgie — des orientaux d’abord, des occidentaux ensuite.