L’un des derniers jugements attendus devant la Cour d’assises pour cette année 2014 est celui de la présumée passeuse malgache Nomenjanahary Johanah Zafera, arrêtée à l’aéroport SSR le 20 juillet 2011 avec 11,62 g d’héroïne dans ses bagages. Après que le couperet soit tombé dans le cadre du procès intenté à la ressortissante française Aurore Gros-Coissy et Giantee Ramchurn fin novembre pour importation et trafic de drogue, les regards se tourneront désormais sur la ressortissante malgache qui a plaidé non coupable en Cour d’assises.
Malgache Nomenjanahary Johanah Zafera, 31 ans, prendra connaissance du verdict de la Cour d’assises le 17 décembre. Elle avait été arrêtée en 2011 avec 11,62 g d’héroïne à la suite d’une opération conjointe de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et de la Customs Drugs Unit de la Mauritius Revenue Authority. La Malgache, âgée de 28 ans au moment des faits, a soutenu dans ses déclarations à la police qu’elle avait été piégée par des contacts malgaches qui lui avaient demandé de remettre deux valises à des contacts mauriciens. En prenant possession des deux valises à Madagascar, la jeune femme avait pris la précaution de les fouiller, mais n’y avait rien trouvé de suspect. Ce qu’elle ignorait, selon elle, c’est que les trafiquants avaient démonté les poignées des valises pour y placer les boulettes d’héroïne.
À son arrivée à Maurice, la présumée passeuse a été fouillée ainsi que ses valises. Lors de cette opération, les officiers de l’ADSU et de la CDU ont alors soupçonné que les poignées avaient été manipulées. Les officiels de la douane ainsi que de l’ADSU ont entrepris de les démonter, y découvrant de la drogue, soigneusement dissimulée. Interrogée, la passeuse a immédiatement accepté de collaborer avec l’ADSU dans le cadre d’une opération de Control Delivery. Elle a alors indiqué qu’elle devait effectuer la livraison à un des contacts mauriciens sur le pont de Grande-Rivière-Nord-Ouest vers 17 heures ce jour-là. Lors de l’opération, les hommes de l’ADSU ont pu procéder à l’arrestation de Louis Clarel Nicolas Lajeune, un soudeur alors âgé de 33 ans habitant Cité Beau-Séjour, à Quatre-Bornes. Le suspect avait déjà pris livraison des deux valises et se dirigeait vers une voiture, qui l’attendait plus loin, lorsqu’il a été appréhendé. Dans le même temps, une autre équipe de l’ADSU se trouvait à Albion afin d’arrêter un certain Youne Rosette, le commanditaire présumé de la drogue saisie.
Le procès a eu comme fait marquant l’audition d’un douanier affecté à l’Airport Unit de l’aéroport SSR. Il a été contre-interrogé par l’avocat de la défense, Me Siven Tirvassen, sur sa déclaration à la police par rapport à cet incident, sept jours après l’arrestation de Johanah Zafera. L’accusée, dit-il, était « tendue et elle transpirait » et avait l’air « suspecte » de par ses agissements. L’officier a admis que l’accusée avait tout de suite coopéré avec les officiers mais devait ajouter que la jeune femme s’était tue quand elle avait été interrogée sur le contenu suspicieux des valises qu’elle transportait. Me Siven Tirvassen a soutenu que c’était le cas parce qu’elle ne comprenait pas la langue qui était utilisée pour s’adresser à elle.