La Malgache Nomenjanahary Johanah Zafera a comparu aux Assises ce matin dans le cadre de la saisie de 11,62 g d’héroïne, retrouvée en sa possession à l’aéroport le 20 juillet 2011. Son procès a débuté hier avec l’audition des témoins de la poursuite. L’accusée a plaidé non-coupable de la charge portée contre elle.
Lors de la reprise des travaux aujourd’hui en cour d’assises, un Custom officer affecté à l’Airport Unit, Dharamveer Deelawon, a été contre-interrogé par l’avocat de la défense, Me Siven Tirvassen, sur le statement qu’il avait donné par rapport à cet incident, sept jours après l’arrestation de Johanah Zafera. Le jour où l’accusée avait été interpellée, dit-il, elle était « tendue et elle transpirait ». Confronté à la question de la défense à laquelle il n’avait jamais fait mention dans son statement du fait qu’elle était tendue, le témoin devait déclarer qu’il n’avait pas jugé nécessaire de le mentionner. Le témoin devait alors relater la manière dont il a procédé après avoir interpellé la Malgache qu’il trouvait « suspecte » de par ses agissements. L’officier avait admis que la Malgache avait coopéré avec la police et avait été emmenée à l’Examination Room de l’aéroport afin d’être fouillée. Questionné sur le fait qu’il savait qu’elle était de nationalité malgache et qu’elle devait avoir droit à un interprète, l’officier devait répondre que lors de son interpellation, la jeune femme semblait comprendre quand il lui parlait et qu’il n’avait pas eu besoin d’avoir recours à un interprète. L’officier avait ajouté que la jeune femme s’était tue quand elle avait été interrogée sur le contenu suspicieux des valises qu’elle transportait. Me Siven Tirvassen a soutenu que c’était le cas parce qu’elle ne comprenait pas la langue qui était utilisée pour s’adresser à elle.
Johanah Zafera, 31 ans, avait été arrêtée en 2011 avec 11,62 g d’héroïne à la suite d’une opération conjointe de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et de la Customs Drugs Unit de la Mauritius Revenue Authority. La Malgache, âgée de 28 ans au moment des faits, aurait été « piégée » par des Malgaches qui lui avaient demandé de remettre deux valises à des contacts mauriciens. En prenant possession des deux valises à Madagascar, la jeune femme avait pris la précaution de les fouiller, mais n’y avait rien trouvé de suspect. Ce qu’elle ignorait, soutient-elle, c’est que les trafiquants avaient démonté les poignées des valises pour y placer les boulettes d’héroïne. Ce sont les officiels de la douane ainsi que de l’ADSU qui ont entrepris de les démonter, avec pour résultat d’y découvrir de la drogue, soigneusement dissimulée.
Pour sa part, la Forensic Science Laboratory Scientist Sanjana Devi Kissoona est venue confirmer que selon son rapport daté du 3 août 2011, le contenu des quatre enveloppes apportées par le custom officer de l’aéroport SSR était bien de l’héroïne. Elle a de plus confirmé que le poids de cette drogue était de 11,62 g. Les travaux se poursuivront avec l’audition des officiers de l’ADSU qui ont pris part à cette enquête.