Le Custom Broker Homanchal Ramdin, toujours introuvable, soupçonné d’être un « maillon fort » du réseau d’importation d’héroïne dans des compresseurs
15 jours après, toujours aucune confirmation officielle aux Casernes centrales au sujet de l’arrestation et la détention de Navin Kistnah à Maputo au Mozambique
L’enquête sur l’une des plus importantes saisies de drogue dans le port, soit les 135 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 2 milliards du 9 mars dernier, se déroule à deux vitesses. Du côté de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), très peu de renseignements ont transpiré quant à l’évolution de l’enquête, sauf que les deux premiers suspects, l’homme d’affaires et « Zanfan Lakaz » du Sun Trust, Geanchand Dewdanee, et son partenaire, le ressortissant indien Sibi Thomas, sont encore en détention policière. En ce qui concerne l’Independent Commission Against Corruption, le dernier développement en ce début de semaine demeure que sept des neuf Consignments débarqués d’Afrique du Sud depuis le 7 avril de l’année dernière et faisant l’objet d’enquête ont été dirigés chez le suspect Navin Kistnah, à Petite-Rivière. Par ailleurs, le mystère reste encore entier quant aux Whereabouts de ce même Navin Kistnah en Afrique australe, notamment au Mozambique. A cela est venu s’ajouter un autre fait inquiétant depuis la fin de la semaine dernière. Le Custom Broker Homanchal Ramdin, un partenaire de Navin Kistnah dans le port, est porté disparu depuis trois semaines, au point où l’ICAC a pris la décision de loger au Passport and Immigration Office un Report on Departure contre ce suspect.
A hier après-midi, les limiers de l’ICAC ont complété un exercice important, initié depuis la semaine dernière pour les besoins de l’enquête au sujet d’éventuels délits de Money Laundering. En effet, sur les neuf Consignments traités par Navin Kistnah ou Kushal Ramchurn, qui ne sont qu’une seule et même personne, sept ont été dirigés au domicile de celui-ci à Petite-Rivière. Les deux autres, dont l’un contenant les cinq compresseurs avec les 135 sachets d’héroïne d’une moyenne d’un kilo, sont toujours sous le contrôle des autorités.
La conformation de ces détails a été obtenue par l’ICAC avec l’audition des camionneurs dont les services ont été retenus par Navin Kistnah, et répertoriés au Gate principal de l’enceinte portuaire. Ces camionneurs ont été longuement entendus depuis la fin de la semaine dernière à cet effet. Dans la journée d’hier, ces mêmes camionneurs ont participé à une reconstitution des faits sur le trajet emprunté avec les sept Consignments du port jusqu’à Petite-Rivière. Cette escouade de l’ICAC devait se rendre de nouveau, ce matin, dans les locaux de la douane à Mauritius Revenue Authority, pour poursuivre la piste de ces cargaisons.
Entre-temps, le Custom Broker Homanchal Ramdin reste introuvable comme l’est son partenaire d’affaires dans le port. Les éléments versés à ce jour dans le dossier à charge indiquent que le dénommé Ramdin est soupçonné d’être un maillon fort de ce réseau de trafiquants allégués. Probabalement, « bien tuyauté au sujet de l’évolution de l’enquête », ce Custom Broker ne se présente plus dans l’enceinte portuaire pour les besoins professionnels. Par mesure de précaution, l’ICAC a logé une quasi-interdiction de quitter le pays contre lui au Passport and Immigration Office alors que les recherches pour le retracer se poursuivent.
Des recoupements effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que dès la saisie de ces 135 kilos d’héroïne et lors de ses premiers contacts avec des proches alors qu’il se trouvait en Afrique du Sud, Navin Kistnah avait demandé à ces derniers de prendre contact avec Homanchal Ramdin « pou guette kuma pou dresse sa zafer-là ». Effectivement, des membres de l’entourage de Navin Kistnah avaient rencontré le Custom Broker Ramdin, qui s’était confondu en excuses par ce qui s’est passé. Mais depuis ces dernières semaines, toute tentative de renouer contact avec Homanchal Ramdin a été vaine.
Dans cette enquête sur la plus importante saisie de drogue dans cette partie de l’océan Indien, Ramdin est le second Prime Suspect à être porté manquant. À ce matin, les Casernes centrales, en l’occurrence l’antenne locale d’Interpol, étaient toujours sans confirmation officielle de l’arrestation et détention de Navin Kistnah au Mozambique. « Nous ne sommes en présence d’aucune confirmation officielle des autorités du Mozambique ou de toute autre institution étrangère au sujet de l’arrestation de Navin Kistnah », font comprendre des sources officielles à la police. Cela fait quinze jours qu’est intervenu un ultime appel téléphonique du même Kistnah faisait état de son arrestation au Mozambique.
En tout cas, l’enquête se poursuit sur les 135 kilos d’héroïne du 9 mars, sur les 20 kilos du 24 mars et les deux kilos du 25 mars, les trois cargaisons saisies dans des compresseurs venant d’Afrique du Sud…