Jeffry Christophe était suspecté de trafic de 4,1 g d’héroïne, d’une valeur de Rs 60 000. Devant  la magistrate Wendy Rangan, en Cour intermédiaire, il a été reconnu coupable. Selon la magistrate, la quantité « importante » de drogue saisie en sa possession, soit l’équivalent de 280 à 300 doses, ne pouvait pas être utilisée pour sa propre consommation.
Poursuivi en Cour intermédiaire devant la magistrate Wendy Rangan, Jeffry Christophe était accusé de « drug dealing: Possession of heroin for the purpose of of distribution in breach of sections 30(1)(f)((ii), 45(1) and 47(5)(a) of the Dangerous Drugs Act ». Le prévenu, qui est défendu par Me B. Marie, a plaidé non coupable.
Les faits remontent au 24 septembre 2010. Ce jour-là, des membres de l’ADSU étaient à la recherche de Jeffry Christophe, alors suspecté de trafic de drogue. Et alors qu’ils étaient en chemin pour l’interpeller à son domicile, les officiers ont aperçu le suspect près d’un cimetière à Batterie-Cassée. Après avoir décliné leur identité, les hommes de la brigade ont alors fouillé le suspect, sur lequel l’officier Hossen a trouvé cinq parcelles de drogues, enroulées dans du ruban adhésif. Lorsque le policier a informé le suspect de ses droits, ce dernier devait lui répondre : « Heroin sa, exkiz mwa. »
Selon l’officier Hossen, intervenu en cour, l’ADSU n’a cependant rien retrouvé au domicile de l’accusé. De même, dit-il, ce dernier n’a pas été surpris en train de distribuer de la drogue. Selon l’officier Ismael, la valeur marchande de cette dernière, qui représentait 4,1 g d’héroïne, est estimée à Rs 60 000, ajoutant que quantité saisie équivaut à 280 à 300 doses (60 à 70 doses par grammes, Ndlr). Récusant l’accusation de trafic, Jeffry Christophe a affirmé que celle-ci était vouée à sa consommation personnelle, ajoutant qu’il souffrait alors de maux de tête et qu’il était traité dans un centre de réhabilitation à Terre-Rouge. De même, il a expliqué avoir emporté la drogue avec lui afin de la consommer après son jogging, et ce afin que sa femme ne soit pas au courant. En cour, la défense a pour sa part relevé un point quelle estime important, en l’occurrence que l’officier en charge de l’estimation de la drogue avait commis une « grossière erreur » en notant initialement que la drogue valait Rs 30 000, au lieu de Rs 60 000. Ce à quoi le principal intéressé a reconnu son erreur, ajoutant qu’il s’en était cependant expliqué. Une « erreur » qui, ajoutera la magistrate, n’affectera aucunement son jugement. Cette dernière s’est alors penchée sur la charge de trafic car, selon elle, la quantité de drogue saisie ne peut aucunement servir à la consommation d’une seule personne, même « en cinq jours », comme l’a prétendu l’accusé, version que la magistrate estime « peu crédible ».
La juge a par ailleurs noté que le « salaire modeste que gagne Jeffry Christophe en tant que peintre » ne pouvait, selon toutes vraisemblances, lui permettre d’acheter la drogue saisie, dont la valeur, rappelle-t-elle, est estimée à Rs 60 000. Ce qui lui laisse supposer que l’argent nécessaire à l’achat de l’héroïne aura été acquis « de manière illégale ». En la circonstance, elle a reconnu Jeffry Christophe coupable de trafic de drogues avant de réserver sa sentence pour plus tard.