La police réunionnaise présentant la saisie record de zamal à la presse

L’ADSU a ouvert une enquête en vue d’intercepter le hors-bord qui a pris la fuite du port de Sainte-Rose, à La Réunion, tôt samedi matin alors qu’une cargaison de 142 kg de gandia devait être embarquée à bord. Même si la police mauricienne a sollicité l’aide de la National Coast Guard pour la surveillance maritime de nos côtes, cette unité n’a rien détecté de suspect jusqu’à présent.

Au niveau des Casernes centrales, la tâche s’annonce « difficile » étant donné que, lors de la fuite de ce bateau, les gendarmes de l’île sœur n’ont pu détecter le nom de l’embarcation, ni même le modèle. « Comme l’opération s’est déroulée dans le noir et que la police réunionnaise n’avait aucune logistique en mer, elle n’a pu obtenir beaucoup d’indications sur le hors-bord », nous explique une source à l’ADSU. Et d’ajouter que « les gendarmes ont entendu un bruit de moteur et ont vu un bateau blanc qui prenait le large ».

Du côté de la police mauricienne, deux options sont évoquées concernant cette embarcation : soit elle est déjà entrée à Maurice, soit elle s’est dirigée vers Madagascar. « Il y a beaucoup de hors-bord dans l’île. Comment savoir lequel était allé à La Réunion ? » s’interroge ce haut gradé de l’ADSU. Il explique qu’un skipper peut ne pas être propriétaire d’un bateau. « Nous avons eu des cas où des skippers, arrêtés pour trafic de drogue, ont loué une embarcation pour aller récupérer de la drogue », dit-il.

Mais avec le retour du DCP Choolun Bhojoo à Maurice hier après-midi, l’ADSU est en présence de « plusieurs informations » sur le réseau derrière ce trafic de gandia. Ainsi, les enquêteurs s’intéressent à un skipper résidant un faubourg de la capitale et qui serait très proche d’un réseau de drogue de sa région. Avec l’aide du Field Intelligence Office, l’ADSU a appris qu’il est absent depuis quelques jours car il est allé en campagne de pêche. Son domicile a été placé sous surveillance.

Par ailleurs, seuls quelques hauts gradés à l’ADSU sont au courant de l’identité des quatre Mauriciens arrêtés à l’île sœur. Ils ne souhaitent « rien dévoiler » dans l’immédiat tant que les suspects ne se présentent pas devant un procureur à La Réunion. « C’est un gage de notre bonne foi envers les autorités réunionnaises en vue d’une future collaboration. Laissons la justice sur place décider si elle souhaite rendre publics les noms des suspects », indique notre source.
Les six suspects sont toujours en garde à vue et n’ont pas encore été présentés en justice. « La gendarmerie peut détenir un suspect pour un maximum de quatre jours sans le présenter devant une cour de justice », indique-t-on du côté de l’ADSU. Même si les quatre Mauriciens et les deux Réunionnais devront se présenter au tribunal de Saint-Denis cette semaine, le jour et l’heure n’ont pas encore été établis.

Au niveau de l’enquête à l’île sœur, la police souhaite remonter jusqu’au cultivateur de cette drogue qui serait qu’une seule personne. Ce suspect est connu pour être un gros fournisseur de “zamal” (gandia) à La Réunion. Son bras droit, Loris Rouget, avait été intercepté à l’aéroport de Gillot l’année dernière, après un séjour à Maurice, avec près de Rs 1M en devises dans son sac. C’est ce réseau qui intéresse fortement la gendarmerie. D’autres développements sont attendus au niveau de cette affaire bientôt.