Presque deux semaines après la saisie record de 95 kg de cocaïne valant Rs 1,4 Md, l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) poursuit sa série d’interrogatoire. Après les mécaniciens et des employés de la section administrative de la société Scomat, la police veut recueillir la version des douaniers de la Mauritius Revenue Authority (MRA). Les enquêteurs souhaitent surtout comprendre le mécanisme suivi par cette dernière depuis le débarquement de la tractopelle contenant la drogue à bord du navire Hoegh Antwerp jusqu’à son dédouanement. Selon une source aux Casernes centrales, les douaniers seront entendus à titre de témoins, à moins qu’il y ait un gros rebondissement dans l’enquête.

L’ADSU a appris que la machine avait été transportée dans un entrepôt qui est doté de plusieurs caméras. En plus, le lieu est sous surveillance policière. Cependant, les enquêteurs veulent savoir qui sont les douaniers qui ont pu s’approcher de la tractopelle et quelles étaient leurs tâches. Les Casernes centrales pensent que la question la plus importante est de savoir si la MRA a passé l’engin au scanner. En plus, cette dernière possède un scanner à infrarouge qui permet de détecter des objets suspects dans un conteneur sans avoir à l’ouvrir.

Selon une source proche du dossier, les douaniers n’ont pas effectué de fouille manuelle de la tractopelle. Ce fait devra être confirmé par les témoins convoqués au quartier général de l’ADSU. « Si l’engin a été passé au scanner, la MRA doit être en possession d’un document certifiant quand et à quelle heure cet exercice s’est déroulé, et qui l’a supervisé », explique la même source.

Mais les enquêteurs estiment toujours que la drogue n’était pas destinée au marché local. Ils se sont montrés satisfaits des explications fournies par le personnel de Scomat à ce stade. En ce qui concerne la demande d’aide auprès des pays amis comme le Maroc, où a été embarquée la tractopelle, l’ADSU est toujours dans l’attente d’une réponse.

D’après les renseignements recueillis, Interpol Maurice a déjà effectué des démarches en ce sens. « Ce genre de procédure peut prendre plusieurs semaines, sans pour autant donner les résultats escomptés », ajoute la source.

Par ailleurs, l’ADSU a visionné les différentes caméras de surveillance du port et elle n’a rien trouvé d’incriminant à ce stade. Les enquêteurs ont surtout mis l’accent sur l’entrepôt où était gardée la machine. Mais ils n’ont vu aucun individu entrer ou sortir avec des sacs noirs. Ce sont ces sacs qui contenaient les colis de drogue, retrouvés dans la tractopelle. Cependant, la police n’est pas en mesure d’établir ce qui s’est passé à l’intérieur du Hoegh Antwerp quand les employés du port débarquaient les différents véhicules. L’enquête se poursuit et il n’y a eu aucune interpellation depuis l’éclatement de l’affaire.