Depuis mardi dernier, les proches de Navin Kistnah, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international à la demande de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) dans la saisie record de Rs 2 milliards d’héroïne, sont sans nouvelles du suspect. Ce jour-là, il avait sommairement indiqué au téléphone à un de ses parents qu’il avait été arrêté par les autorités au Mozambique. Entre-temps, les proches ont reçu d’autres appels de nature inquiétante venant de tierce partie réclamant jusqu’à 5 000 dollars américains en vue d’entreprendre des démarches pour sortir le Manager de Kun Management International Ltd du guêpier dans lequel il se trouve à Maputo après avoir fui successivement Maurice et l’Afrique du Sud. Sur le front de l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption, le Stable Manager Simon Jones a préféré solliciter et obtenir un renvoi de son rendez-vous d’hier pour interrogatoire Under Warning au sujet des connexions avec le tandem Kistnah/Azaree. Il sera assisté d’un conseil légal de son choix lors de la prochaine convocation.
Du côté des Police Headquarters, ce matin, le statu quo est de mise en ce qui concerne l’exécution du mandat d’arrêt international émis par le tribunal de Port-Louis à la mi-mars. « Nous ne sommes en présence d’aucune indication officielle au sujet de l’arrestation de Navin Kistnah au Mozambique ou dans un autre pays d’Afrique australe ». C’est ce qu’indiquent officiellement des sources proches du commissaire de police, Karl Mario Nobin, qui est rentré de mission hier. Elles ajoutent que les autorités compétentes sont en contact régulier avec leurs partenaires pour suivre l’évolution de la situation.
Par contre, au clan familial des Kistnah à Petite-Rivière, l’inquiétude ne cesse de grandir au fil des jours. La dernière fois que Navin Kistnah a donné signe de vie remonte à mardi dernier. Les recoupements d’informations auprès de sources concordantes indiquent que cette conversation n’aura duré qu’une vingtaine de secondes. Les instructions du suspect, recherché par l’ADSU pour importation d’héroïne, étaient des plus claires à ses proches : il a été appréhendé par Interpol et il faut entreprendre des démarches car il sera extradé vers Maurice. Il aurait même donné des noms d’avocats, dont les services pourraient être retenus à cet effet.
Nouvel appel téléphonique dans la soirée de jeudi dernier. Cette fois-ci, Navin Kistnah n’est pas au bout du fil. C’est la voix d’un étranger, qui informe les parents que Navin Kistnah est en détention dans un des postes de police de la capitale mozambicaine, Maputo. Il poursuit la conversation en ajoutant qu’il aura besoin d’une somme de 5 000 dollars américains pour entreprendre des démarches pour la remise en liberté sous caution et éventuellement l’évacuer du Mozambique.
Cette dernière proposition a semé un doute au sein des membres de la famille, qui craignent que Navin Kistnah ait pu tomber entre les mains de malfaiteurs au Mozambique, voire même être victime d’un kidnapping, tentant de lui soutirer de fortes sommes d’argent contre de fausses promesses. L’inquiétude devait s’accroître avec les autorités mauriciennes, ou encore l’antenne locale d’Interpol, nullement informées de cette arrestation suite à un mandat d’arrêt international. La famille a tenté de renouer le contact au téléphone avec cet intermédiaire au Mozambique en vue d’en savoir plus sur le sort de Navin Kistnah. Mais l’interlocuteur à Maputo campe sur sa position, il faut verser de l’argent au préalable contre tout renseignement.
Voulant être sûr que Navin Kistnah ne ferait pas l’objet d’une demande de rançon de la part d’un gang, la famille étudie depuis le début de la semaine la possibilité d’envoyer un émissaire au Mozambique pour recueillir des informations de première main. Des avis légaux sont recherchés à cet effet avant qu’une décision ne soit arrêtée pour ce voyage au Mozambique avec un minimum de risques.
Dans l’immédiat, en l’absence de communication officielle et en dépit des détails en possession des membres de la famille, qui ont enregistré les derniers échanges téléphoniques, Navin Kistnah, un des Prime Suspects lors de la saisie de 135 kilos du 9 mars pour l’ADSU en attendant d’approfondir les dossiers dans les deux autres de 20 kg et de deux kilos d’héroïne en plus de 25 kg de gandia, respectivement les 24 et 25 mars dernier.
De son côté, l’Independent Commission Against Corruption, dont les limiers étaient au Mauritius Turf Club en fin de semaine dernière, l’enquête se poursuit en vue d’établir le réseau de blanchiment. Toutefois, l’audition de Simon Jones, qui était attendu au QG de l’ICAC, hier, a été reportée. Le principal concerné, qui avait été averti, vendredi, que la prochaine séance d’interrogatoire serait Under Warning, a préféré retenir les services d’un homme de loi pour l’assister. De ce fait, un autre rendez-vous est pris pour la suite de l’exercice en cours.