La drogue était embalée dans des sachets en plastique

L’ADSU a passé en revue plusieurs caméras de surveillance au port pour déterminer les différentes étapes empruntées par la tractopelle dans laquelle étaient dissimulés les 95 kg de cocaïne, valant Rs 1,4 Md.

Les enquêteurs ont visionné les différents enregistrements débutant au 4 juillet, jour même où une cérémonie était en cours au port pour accueillir le Mauricio, le tram du projet Metro Express. L’engin contenant la drogue se trouvait à cette heure à l’intérieur du bateau Hoegh Antwerp. Ce n’est que dans l’après-midi qu’une partie des véhicules a été débarquée, et le reste le lendemain.

Comme le veut la procédure, la douane a placé la tractopelle dans un entrepôt en attendant une inspection. Selon nos renseignements, la Mauritius Revenue Authority (MRA) dispose d’un scanner à rayon X pouvant détecter des produits illicites dans un conteneur sans devoir l’ouvrir. L’ADSU est dans l’attente d’une réponse de la douane pour savoir si l’appareil a été utilisé sur la tractopelle. Elle cherche également à savoir s’il y a eu une fouille manuelle. Depuis que l’affaire Navin Kistnah a éclaté, la douane a renforcé sa surveillance sur des “gros machines”, comme des engins de construction et agricoles.

Les Casernes centrales soupçonnaient que ce genre de véhicules avait déjà été utilisé par le réseau de Navin Kistnah pour dissimuler de la drogue avant la découverte des 135 kg d’héroïne dans des compresseurs. D’ailleurs, deux “Bobcat” appartenant à ce courtier maritime ont été saisis après enquête. Dans le cas présent, la police souhaite savoir si les procédures ont été suivies par la douane à l’arrivée de ce genre de “heavy vehicule”. Une source au QG de l’ADSU avance que la tractopelle est demeurée dans l’entrepôt de la MRA jusqu’à son dédouanement. Les enquêteurs n’ont pas encore visionné toutes les caméras du port portant entre le et le 9 juillet, quand l’engin a été dédouané. Cet exercice devrait se poursuivre dans les prochains jours.

Par ailleurs, l’ADSU est également en possession des images des caméras de la société Scomat, qui montre les différentes personnes ayant débarqué l’engin dans l’entrepôt de Pailles.

À ce stade, les enquêteurs n’ont rien trouvé de suspect. D’ailleurs, une source à l’ADSU avance qu’il faudrait beaucoup de temps à une personne pour démonter le capot du moteur sans être repéré. Les employés interrogés ont déclaré avoir suivi les procédures à l’arrivée d’une tractopelle neuve en la passant dans une phase de vérification. Et d’ajouter que les empreintes d’au moins deux d’entre eux pourraient être décelées sur les sacs renfermant la cocaïne, car ils les avaient enlevés de l’engin pour savoir ce qu’ils contenaient. C’est alors qu’ils ont compris que c’était peut-être de la drogue et devaient immédiatement alerter la direction qui, de son côté, a appelé la police.