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La tractopelle sur laquelle a été retrouvée 95 kg de cocaïne était destinée à un client qui est passé à travers la compagnie Scomat pour l’importer. Selon nos sources, le client sera appelé dans les jours à venir à fournir des explications sur ce qu’il comptait faire avec cette tractopelle.

L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) s’intéresse à tous les détails de la manutention de la tractopelle du Port à Pailles. Scomat sera appelé à fournir l’identité de tous les employés qui étaient autorisés à accoster le nouvel engin. Valeur du jour, seuls les mécaniciens ont été interrogés. L’ADSU compte aussi solliciter le Passport and Immigration Office (PIO) pour savoir s’il y a un Mauricien qui a fait le déplacement au Brésil ou/et au Maroc, ces dernières semaines.

Ces 95 kg sont la plus grosse saisie de cocaïne jamais enregistrée sur notre territoire jusqu’à mercredi dernier. L’ADSU a reçu de la firme Scomat cette drogue, évaluée à Rs 1,4 milliard. Selon une source aux Casernes centrales: “Pour pouvoir acheter autant de drogue, il faudrait au minimum un investissement de 500 millions de roupies. Ce n’est certainement pas l’œuvre d’un petit trafiquant mais d’un gros bonnet qui connaît bien le marché.”

La tractopelle importée de l’étranger pour le compte de Scomat se trouvait à bord du Hoegh Antwerp, le même bateau ayant transporté le Mauricio, tramway du réseau Metro Express.Rien n’a été décelé jusqu’à son arrivée à l’entrepôt du concessionnaire à Pailles, où les mécaniciens ont découvert des sacs, cachés près du moteur, qui contenaient une importante quantité de poudre. Ils ont immédiatement alerté la direction, qui a sollicité la police. Une équipe de l’ADSU des Casernes centrales s’est rendue sur place et après un test rapide, elle a confirmé qu’il s’agissait de cocaïne.
Interpol sollicitée

Prenant en compte les recommandations du rapport Lam Shang Leen, les enquêteurs ont cette fois transporté la drogue aux Casernes centrales où une balance électronique a été utilisée pour le pesage, mercredi soir. L’ADSU n’a voulu prendre aucun risque comme dans l’affaire Kistnah où le poids de l’héroïne pesée par l’ADSU ne correspondait pas au résultat du Forensic Science Laboratory, soit 16 kg.
Entre-temps, les employés qui ont fait cette découverte ont donné leur version des faits. Étant donné que l’entrepôt du concessionnaire est doté de caméras de surveillance, les enquêteurs ont déjà pris possession de la bande pour vérifier les déclarations des employés et, surtout, pour vérifier qu’aucun individu suspect ne rôdait autour de la tractopelle.

Par ailleurs, la direction de la compagnie a été appelée à fournir des documents à l’ADSU concernant les procédures pour cette transaction de vente, le nom du bateau qui a transporté l’engin et les papiers relatifs au dédouanement. Une source aux Casernes centrales se dit satisfaite de la collaboration du concessionnaire à ce stade.
Les enquêteurs n’écartent pas l’hypothèse que la drogue ait été dissimulée par certains membres d’équipage de ce bateau.La police a ainsi avant fait appel à Interpol pour enquêter sur les mouvements du Hoegh Antwerp avant son arrivée à Port-Louis.

C’’est au Brésil qu’a débuté son périple avant de transiter par l’Espagne où le tram a été chargé. S’est ensuivi un déplacement au port de Tanger au Maroc où la tractopelle a été placée à bord du bateau, qui a poursuivi sa route vers Durban en Afrique du Sud et Tana à Madagascar avant de gagner Maurice.