Steven St-Pierre, poursuivi devant les Assises pour des délits liés à la drogue, après la saisie de Rs 15 M de stupéfiants à l’aéroport le 23 juillet 2013, a comparu en cour hier. Son homme de loi, Me Kailash Trilochurn, a fait ressortir que le libellé du chef d’accusation retenu contre son client n’est pas en conformité avec le “ruling” rendu récemment par le juge Benjamin Marie-Joseph dans cette affaire et contiendrait « des manquements ». Selon lui, ces “particulars” vont à l’encontre du “ruling” du juge et devraient être revus. Le procès a été renvoyé au 21 juillet.
Steven St-Pierre avait été arrêté dans le cadre d’une saisie de Rs 15 M de drogue à l’aéroport le 23 juillet 2011. Une ressortissante malgache, Rakotoarimanana Tsialonina Maminirina, avait été interpellée à l’aéroport lors d’une opération des enquêteurs de l’ADSU avec 24 boulettes d’héroïne, soit environ 300 g, soigneusement dissimulées dans ses valises. Une opération de livraison surveillée avait été organisée, permettant l’arrestation du principal destinataire de la marchandise, Jean Billy Didier Louise, un habitant de Stanley âgé de 26 ans. L’ADSU avait également arrêté deux complices, Jean Michael Rayapen, un “bouncer” de Grand-Baie, et Jean Steven St-Pierre, agent de sécurité de son état. Une perquisition effectuée au domicile de Rayapen ce jour-là avait débouché sur la saisie d’une importante quantité de gandia et d’héroïne ainsi que d’une somme de Rs 289 000 en différentes coupures, soupçonnée de constituer les recettes du trafic de drogue, et trois téléphones cellulaires. Jean Michael Rayapen, qui a été poursuivi dans un procès séparé, a écopé de 13 ans de prison en novembre 2015. Steven St-Pierre, dont le procès en est au stade préliminaire aux Assises, est défendu par Me Kailash Trilochurn. La poursuite, elle, est représentée par Me Raj Baungally.
Dans son “ruling” rendu en mai, le juge Benjamin Marie-Joseph  avait accédé à la motion de la défense selon laquelle « l’élément de transportation de la drogue n’avait pas été clairement spécifié ». Me Trilochurn avait soutenu que « les articles de loi sous la Dangerous Drug Act stipulent que, pour l’élément de transportation de drogues, les termes et les conditions doivent être mentionnées pour que l’accusation portée » contre son client soit valable. Or, selon Me Trilochurn, lors de l’appel de l’affaire hier, la poursuite n’aurait pas respecté le “ruling” du juge. Selon la défense, les “particulars” du chef d’accusation comportent des « lacunes qui pourraient porter préjudice à (son) client et mettre en péril ses droits à un procès équitable ». La poursuite a ainsi accepté de présenter des “further particulars” pour la bonne tenue du procès. Ce dernier a été ajourné au 21 juillet.