Qui dit été dit aussi saison cyclonique. Elle a débuté officiellement le 15 novembre dernier. Dans son rapport prévisionnel 2011-2012, la station météorologique de Vacoas prévoit sept à neuf formations cycloniques. Des mesures de précaution sont à prendre avant, pendant et après un cyclone.
“Il ne faut jamais sous-estimer une catastrophe naturelle. Beaucoup se sentent en sécurité parce qu’ils habitent dans des maisons en béton et que nous disposons de bonnes infrastructures. Mais il faut toujours prendre des précautions car on ne sait jamais ce qui peut arriver.” Conseils du Chef inspecteur de police Vinod Dawonauth, responsable de la Police Information and Operations Room (PIOR) aux Casernes centrales. Fort de son expérience, il invite la population à prendre en considération les conseils de la police et de la station météorologique de Vacoas. Des mesures simples qui, lorsqu’elles sont suivies, peuvent éviter des pertes en vies humaines et limiter les dégâts aux infrastructures.
C’est un fait : le dernier cyclone à avoir véritablement affecté Maurice remonte à 1994. Il s’agit de Hollanda, qui avait causé pas mal de dégâts, provoqué la mort d’une personne âgée dans sa maison, et plongé le pays dans le noir pendant de nombreux jours. Depuis, des systèmes cycloniques se sont approchés de notre région, mais sans trop nous affecter. Le CI Dawonauth estime qu’à cause de cela, la conscience collective est peut-être endormie : la jeune génération n’a sans doute pas les mêmes réflexes que les aînés. Il encourage donc les parents et grands-parents à partager leurs expériences pour qu’en cas d’alerte cyclonique, les précautions d’usage soient observées pour la sécurité de tous.
Précautions.
Les précautions à prendre pendant la période cyclonique et avant, pendant et après une catastrophe naturelle sont simples mais peuvent limiter les dommages, font remarquer le CI Dawonauth, ainsi que Surekha Ramessur de la station météorologique de Vacoas. Parmi les mesures à prendre, relevons celles-ci :
Avant : S’assurer que sa maison est assez solide pour faire face aux rafales d’un cyclone par exemple; élaguer les branches trop près des fenêtres, des lignes téléphoniques ou/et des câbles électriques; dès l’alerte d’un cyclone, faire un stock de nourriture non périssable et d’eau potable; avoir à portée de main des bougies, allumettes, une lampe torche et des piles… Pour ceux dont la maison n’est pas solide, prendre connaissance de l’endroit où se trouve le centre de refuge le plus proche de son domicile.
Pendant : Rester à l’intérieur de la maison et suivre l’évolution de la situation; éviter les abords des rivières; ne pas s’aventurer en mer ou sur les plages pour regarder déferler les vagues.
Après : Faire bouillir l’eau avant de la consommer; éviter les abords des rivières qui peuvent être en crue; ne pas toucher aux fils électriques qui traînent; ne pas manger les fruits qui sont tombés. Il est recommandé de faire évacuer les eaux stagnantes pour éviter la prolifération de moustiques.
Dommages.
Dans sa brochure, la station météorologique donne aussi d’autres conseils dès l’annonce d’un cyclone : avoir une trousse de premiers soins; descendre l’antenne de télévision en prenant toutes les précautions nécessaires; ranger à l’intérieur tout matériel léger susceptible d’être emporté par le vent.
Il ne faut pas oublier qu’une période d’accalmie intervient lors du passage de l’oeil du cyclone. Elle est suivie de vents violents soufflant du côté opposé. Il est important de ne pas s’éloigner de son domicile dans ce cas de figure.
Pour ceux qui habitent les zones côtières, il est bon de savoir qu’en cas d’alerte au tsunami, des sirènes d’avertissements vont retentir pour avertir les populations concernées. Des véhicules de police vont patrouiller dans les quartiers pour diffuser des messages, et tous les médias, particulièrement les radios et la télévision, vont relayer les messages d’alertes.
Ces petits conseils des services d’urgence sont à prendre en considération si on veut éviter des dommages plus conséquents en cas de catastrophe naturelle.
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Le NDOCC en alerte
Le National Disaster and Operations Coordination Centre (NDOCC) a été mis sur pied depuis quelques années. Situé aux Casernes centrales, il est opérationnel 24h/24. Un personnel réduit s’occupe du travail quotidien de l’organisme. Dès qu’il y a une alerte de catastrophe naturelle, les 25 représentants de plusieurs instances et départements (ministères, police, pompiers, météo…) sont immédiatement informés et se retrouvent aux Casernes pour décider de la marche à suivre selon le protocole établi dans le National and other Natural Disaster Scheme. Toutes les actions sont coordonnées à partir de ce centre afin de parer à toute éventualité. Le plan prend en considération les mesures à être mises en place en cas de cyclone, pluie torrentielle, glissement de terrain, tsunami et raz-de-marée.
En cas d’alerte, les services de secours de la police sont sur le qui-vive et des équipes sont placées dans des endroits stratégiques afin de pouvoir réagir plus promptement. Avec les nouveaux équipements de communication dont elle dispose depuis peu, la police peut agir plus vite et informer les différents services en même temps, alors que sous l’ancien système, il fallait les contacter un par un. En cas d’alerte, une hotline est ouverte aux Casernes centrales pour toutes les demandes d’assistance : 208-0034/35. Le 999 et le 112 sont réservés aux urgences.
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Hollanda la terreur
Maurice a subi les assauts du cyclone tropical Hollanda du 9 au 11 février 1994. Il est passé à 20 km au nord-ouest du pays. Les rafales les plus fortes ont atteint 212 km/h. Plus près de nous, en janvier 2002, le cyclone intense Dina est passé à 50 km au nord de Maurice. Les rafales proches de son centre étaient de l’ordre de 228 km/h. Le dernier cyclone en date dans la région remonte à 2009. Il s’agit de Gaël, qui est passé à 115 km au nord de Maurice.