La saison cyclonique 2015/2016 se présente jusqu’à l’heure comme plutôt calme avec seulement deux systèmes dans le bassin sud de l’océan Indien. Selon les explications du directeur adjoint des services météorologiques mauriciens, Prem Goolaup, le phénomène El Niño, très puissant dans le Pacifique équatorial, serait probablement une des raisons qui pourraient expliquer la saison cyclonique tardive, bien que les épisodes El Niño diffèrent les uns des autres. Explications…
La saison cyclonique 2015/2016 a été entamée le 15 novembre 2015 et se termine le 15 mai de cette année. Jusque-là, seulement deux systèmes ont vu naissance, Anabelle le 21 novembre, seulement six jours après le début officiel de la saison cyclonique, et Bohale le 11 décembre. Aucun phénomène cyclonique majeur n’a ainsi concerné directement les îles des Mascareignes étant donné qu’aucun d’entre eux n’a dépassé le stade de tempête tropicale. Un temps clément qui a ravi les Mauriciens, si ce n’est l’épisode de grosses averses qui a marqué la fin de décembre. Le dernier système cyclonique nommé a ainsi évolué seulement en pleine mer à l’est de Rodrigues.
Une explication probable de ce début de saison calme serait liée au phénomène El Niño qui a atteint son paroxysme le mois dernier. Toutefois, c’est avec beaucoup de prudence que Prem Goolaup avance cette hypothèse puisque les épisodes El Niño ne se ressemblent pas tous, fait-il comprendre. « Il faudrait beaucoup d’études scientifiques pour établir avec certitude la corrélation du phénomène El Niño avec les formations cycloniques au niveau des îles des Mascareignes », dit-il. Toutefois les études ont révélé que durant les intenses activités du phénomène, les phénomènes tendent à se former davantage dans la région de Diego Garcia et d’Agalega, précise notre interlocuteur. La station météorologique de Vacoas, pour rappel, s’attend à avoir entre sept et neuf tempêtes cette saison.
Si le début de saison a été peu actif, les choses risquent d’évoluer la semaine prochaine car l’activité convective dans le bassin sud de l’océan Indien semble avoir repris. Les experts des différents centres de météorologie de la région suivent en effet la situation de très près avant de pouvoir être en mesure de se prononcer sur les développements et comportement de ces formations… Les deux prochains systèmes devraient ainsi prendre le nom de Corentin, prénom choisi par la France et Daya, proposé par le Kenya.