Avec la saison hippique 2013 qui a démarré le week-end dernier, Scope a fait une incursion dans l’univers des turfistes, histoire de tâter le pouls de ces amateurs de chevaux, de courses mais aussi de jeux. Entre ceux qui se font un devoir d’assister aux entraînements les lundis matins et ceux qui ne ratent aucun déplacement au Champ de Mars pour les journées hebdomadaires, la passion est inébranlable.
“Comme ceux qui aiment le football au point de ne manquer aucune rencontre sportive, moi je me passionne pour les courses hippiques. J’étudie et analyse chaque journée minutieusement. J’éprouve un réel amour pour le turf”, dit Noah, 40 ans. Pour Roshan, 31 ans, qui a toujours été attiré par les chevaux, la saison 2013 est plus qu’un événement sportif. “La saison hippique est un grand divertissement pour moi. À la fin de la précédente saison j’étais impatient qu’on soit déjà à cette année pour que démarre la nouvelle saison.” Ce qui fait que le samedi est sacré pour le jeune homme, qui choisit de tout mettre de côté ce jour-là pour vivre pleinement sa passion. Exceptionnellement entre le mois de mars et mois de décembre, il se réveille tôt tous les samedis pour scruter son magazine spécialisé en courses hippiques avant le début de chaque journée. Tant que la dernière course n’est pas jouée, Roshan ne sort pas de chez lui, d’où il suit les retransmissions en direct à la télévision. “Qu’un ami vienne me voir ou qu’il faille se rendre au supermarché et autres, je réponds absent. Il est hors de question que je manque une course”, raconte Roshan. Pour Noah par contre, les courses hippiques, ce n’est pas seulement le samedi. C’est un divertissement qui dure toute la semaine.
Dans les stalles.
Noah est de ceux qui par passion pour cette discipline, se rendent régulièrement aux entraînements des chevaux tôt les lundis matins. “Ma passion ne s’arrête pas au jeu. Je prends du plaisir à suivre les différentes étapes menant aux courses de samedi.” Outre les entraînements du lundi qui débutent à 5h du matin, Noah suit également la préparation des chevaux dans les stalles le mardi et attend impatiemment la publication des programmes les jours suivants. C’est une façon pour lui de mieux comprendre et suivre la journée du samedi. “J’ai une connaissance qui me permet aussi d’analyser le comportement d’un cheval, dont son entrée en piste et dans les stalles. Je sais aussi que la brillance de sa robe détermine sa performance.”
C’est à la télévision, durant la course, que Roshan procède quant à lui aux analyses. Il note les performances, chronomètre le temps des chevaux et étudie les résultats semaine après semaine. “Cela me permet d’observer l’évolution chez un cheval et savoir s’il est en mesure de faire une bonne course ou pas. C’est ainsi que j’effectue les paris par la suite.”
La Duchess Cup.
C’est son époux Roshan qui lui a transmis le virus des courses hippiques il y a environ cinq ans. Depuis, Preety ne rate pas une journée. Si elle n’est pas devant son poste de télé le samedi, c’est au Champ de Mars qu’elle passe sa journée, accompagnée de son frère et ses cousins. Un moment que Preety apprécie particulièrement. “Regarder les courses à la télé c’est bien mais voir les chevaux devant soi et vivre l’ambiance d’une course hippique c’est unique. Il y a ceux qui vont parier et ceux qui explosent de joie lorsqu’ils gagnent. Tout cela contribue à rendre ce moment exceptionnel.”  Puisqu’il passe ses samedis au travail, Noah regrette pour sa part de ne pouvoir vivre cette ambiance folklorique. C’est à la télévision ou à la radio qu’il suit la plupart des journées hippiques. Toutefois, dit-il, pour les journées classiques, il se fait un devoir d’être au rendez-vous, et si possible, avoir une place dans les loges. Pour la Duchess Cup, qui se tiendra ce samedi, Noah a déjà fait une demande de congé auprès de son employeur. “Je ne me vois pas louper une telle journée, d’autant qu’elle accueillera la première grande classique de la saison. Je me suis déjà acheté un billet pour les loges.”
Loges.
Comme Noah, Preety et Roshan prévoient également de se rendre au Champ de Mars samedi. “Ce sera l’occasion de voir en piste les meilleurs chevaux importés par les diverses écuries cette année”, avance Roshan. Alors que Preety compte jouer au minimum Rs 500 le week-end prochain, son époux, lui, a prévu un budget de Rs 2 000 pour cette journée spéciale. “D’habitude, je mise de Rs 800 à Rs 1 000 par semaine. Mais plus la journée est importante plus la tentation sera grande. Que je gagne ou perde, je ne regretterai rien. Ce n’est pas toutes les semaines que je joue autant d’argent”, lance Roshan. Le jeu importe peu pour Noah, qui s’est payé une place dans les loges dans le but de mieux voir les chevaux à l’oeuvre. “C’est du beau spectacle quand les chevaux entrent en piste. Il n’y a rien de plus magnifique que de les voir au galop.” Ainsi, Noah ne changera pas ses habitudes et ne misera pas plus de Rs 500 au jeu.
Pris dans la fièvre turfiste depuis quelques jours, Preety et Roshan espèrent que la nouvelle saison leur portera chance. Quant à Noah, il attend de belles performances de la part des chevaux. “Nous aurons droit à beaucoup de surprises cette année.”