Le leader du Remake 2000, sir Anerood Jugnauth, s’est déclaré convaincu samedi que « jamais Navin Ramgoolam ne deviendra Président avec les pleins pouvoirs ». L’ex-président de la République s’adressait à une conférence conjointe MSM/MMM à l’hôtel Labourdonnais. Pour sa part, Paul Bérenger a rappelé les quatre points clés du programme du Remake 2000 : casser les reins de la corruption, rétablir le law and order, consolider la démocratie et relancer l’économie. Il a affirmé samedi que si Navin Ramgoolam, Rajesh Jeetah et Rashid Beebeejaun n’ont rien à se reprocher, le Premier ministre n’a qu’à rendre publics tous les comptes rendus des travaux du cabinet dans lesquels l’affaire MedPoint est évoquée.
Commentant la remarque du Premier ministre – qui demandait qu’il soit nommé président de la République avec les pleins pouvoirs afin de mettre de l’ordre dans le système –, SAJ a estimé que « jamais il ne deviendra un président avec les pleins pouvoirs parce qu’il sera un danger pour le pays ».
SAJ a dénoncé ce qu’il a qualifié de propagande faisant accroire que le Remake 2000 n’existe plus. « L’avenir montrera que le Remake 2000 existe et qu’il sera aussi fort qu’au moment de sa création », a-t-il soutenu. L’ex-président de la République a également rejeté la thèse selon laquelle avec le temps la ferveur autour du Remake 2000 se dissipera. « Rien de plus faux », a-t-il lancé, estimant qu’au contraire « plus Navin Ramgoolam et ses alliés du PMSD sont au pouvoir, plus ils seront rongés par la fraude, la corruption et les scandales en série ». Citant les commentaires des membres du gouvernement et du Premier ministre à la suite du rapport de l’Audit, SAJ a estimé que le PM n’a pas la volonté politique de mettre de l’ordre dans le pays. « Il se contente de prendre des initiatives politiques afin de s’accrocher au pouvoir. Plus le temps passe, plus la réputation de Maurice se détériore et la population sera dégoûtée du parti travailliste », a soutenu SAJ. Et d’ajouter que le plus tôt les élections générales, le mieux ce sera pour le pays.
Le leader du Remake 2000 s’est ensuite appesanti sur certains scandales qui ont secoué le pays ces dernières années et qui concernent, selon lui, Navin Ramgoolam. Il a parlé du hedging des produits pétroliers par Air Mauritius et la STC. Il a expliqué que durant son mandat entre 1982 et 1995, la compagnie aérienne nationale avait fait beaucoup de progrès. Aujourd’hui, la situation financière de cette institution s’est tellement détériorée qu’on envisage la vente du Paille en Queue pour renflouer ses caisses, a-t-il affirmer. D’autre part, compte tenu du hedging la STC a perdu quelque Rs 5 milliards au point qu’aujourd’hui même si le prix des produits pétroliers est en baisse dans le monde, à Maurice il est au même prix. SAJ a aussi évoqué l’affaire Betamax. Les promoteurs d’un projet de stockage du gaz ménager a voulu s’inspirer de Betamax pour conclure un contrat concernant la fourniture de gaz ménager avec la STC, dit-il. L’ex-président de la République a observé que le parquet s’est opposé à cet accord. Il a aussi évoqué l’accord sur les licences de Microsoft qui ont coûté Rs 250 millions au gouvernement. SAJ a dénoncé les critiques formulées contre le rapport de l’audit. Au chapitre du law and order, sir Anerood Jugnauth a estimé que les statistiques concernant le taux de criminalité sont faussées. L’ex-président de la République a aussi commenté le jugement de la Cour d’assises concernant le meurtre de Michaela Harte : « Ce jugement démontre les faiblesses de la police. »
Pour sa part, Paul Bérenger a rappelé les quatre points clés du programme du Remake 2000 à savoir la volonté de lutter contre la corruption, de rétablir le law and order, de consolider la démocratie et de relancer l’économie. « Jamais il n’y a eu autant de scandales dans le pays », a-t-il dit, observant que la situation est aussi grave en matière de Law and Order – qui sera le thème de la prochaine conférence de presse du Remake. Concernant le jugement de la Cour d’assises sur le meurtre de Michaela Harte, Paul Bérenger a observé que beaucoup de choses sont à revoir du côté de la police.
Par ailleurs, Paul Bérenger s’est appesanti sur le scandale Bois de Rose. Il a déploré le fait que Navin Ramgoolam n’ait pas encore rendu publics les noms des parlementaires mauriciens qui se sont rendus à Madagascar et la liste des présidents et ministres malgaches ayant visité Maurice.
Concernant l’entrée d’un couple dans la prison de Beau Bassin, Paul Bérenger a demandé que toute la lumière soit faite sur le rôle de la police. Il affirme ne pas comprendre comment, le 1er juin, la police a objecté à la liberté sous caution des deux personnes concernées alors que le lendemain elle n’y a pas objecté devant le Bail and remand court. « La responsabilité du Commissaire de police est engagée », a-t-il lancé. Concernant les scandales qui secouent le BoI, il s’est étonné que les deux témoins clés arrêtés par la police ont été autorisés à quitter le pays. S’agissant de l’affaire Boskalis, le leader du MMM a rappelé que lorsqu’elle avait éclaté, le Premier ministre avait déclaré que la firme Boskalis pouvait être incriminée. Ce qui avait forcé la compagnie hollandaise à jouer aux abonnés absents. Aujourd’hui que le dossier a été rouvert par la police, voilà que les autorités évoquent la possibilité que des poursuites judiciaires soient envisagées contre la firme Boskalis. « J’espère que cela ne fasse pas fuir à nouveau la firme néerlandaise. »
Concernant l’affaire MedPoint, Paul Bérenger a observé que l’ICAC est à l’origine d’une fuite organisée dans toute la presse sur le contenu du dossier qui a été soumis au DPP. « C’est inacceptable ! Si Ramgoolam, Jeetah et Beebeejaun n’ont rien à se reprocher, le Premier ministre n’a qu’à rendre publics tous les comptes rendus des travaux du cabinet dans lesquels, l’affaire MedPoint est évoquée. »
Commentant le dernier rapport de l’Audit, Paul Bérenger a déploré que le contenu ait été critiqué par le Premier ministre ainsi que plusieurs ministres dont Xavier-Luc Duval, Rashid Beebeejaun et Tassarajen Pillay-Chedumbrum. « Navin Ramgoolam n’a pas la volonté politique pour en finir avec le gaspillage des fonds publics. » Il a annoncé qu’un gouvernement du Remake reverra les structures des appels d’offres ainsi que l’Independent Review Panel afin qu’il y ait une transparence dans les institutions.